Aux rives du jour
Il erre,
Du paradis
De son patio
A l’enfer
De son patior,
Là, la lumière,
Ici le noir,
Mince
Porte
D’une lettre,
Pont
Etroit
Où gît
Celui
Qui affranchit
Sa mémoire
De la dette
De ses nuits.
Il erre,
Du paradis
De son patio
A l’enfer
De son patior,
Là, la lumière,
Ici le noir,
Mince
Porte
D’une lettre,
Pont
Etroit
Où gît
Celui
Qui affranchit
Sa mémoire
De la dette
De ses nuits.
Comme le balancier
Du métronome, je pendule
Du jour à la nuit.
Quand la nuit
Ne fut plus un goudron,
Ni une macération stérile,
Quand la nuit
La plus blanche
Se fit sage,
Se fit page,
Je n’atteignis plus
En naufragé
Le rebord
Du jour.
Quand la nuit
Devint une île.
Mes Gambier.
Janvier s’arc-boute,
La nuit à sa traîne,
Et avance, en mariée noire,
Jusqu’au point blafard
Du jour.
Outre-Rhin,
Le jour s’est tu,
Un matin de juin,
Quand le soc
De la lame
Sur votre nuque
S’est abattu.
Marcel S.
29-06-1943
Le grelot
Régulier
Et doux
D’une chaînette
Qui pendeloque
A votre cou,
Egrène
Temps court,
Temps long,
La scansion
De votre sommeil,
Mesurant,
Implacable,
Le déroulé
Interminable
De la veille,
Qui me jette
Comme malfrat,
Dans les bras
Blêmes
D’un autre
Matin
Froid.
Grume
Ronde
Et blanche
Qui se
Tend
En billot,
Là s’appuie
La badine
Ecorcée
D’une branche.
J’ai ouvert
Ma fenêtre
Sur le puisard
De la nuit,
J’ai entendu
Le vent,
La pluie,
Et j’ai attendu
La mer.
Tituber
Sur le rebord
De la nuit,
Le jour
N’est qu’une
Nuit
Plus blanche
Qui s’invite
A mes effondrements.
Laissez-moi dormir,
Mes chers fantômes,
Je m’éreinte à vous épaissir,
Et vous vous faites
Parfois si lourds
Sous mes doigts.