Schwester
Qui, pour s’asseoir à
Votre chevet, une main fraîche
Posée sur le front
Qui, pour s’asseoir à
Votre chevet, une main fraîche
Posée sur le front
Une gymnopédie,
Un homme-oiseau de Folon,
Roussette, sur fond rose
Et la voilà, légère.
La fièvre, qui ne vous cloue pas au lit.
Enquiller, les jours, les nuits.
Traîner.
Tout est à demi.
Un ralenti.
Une cosse vide.
Le froid, entre la peau et le coeur.
Contenu.
Aux limites des couches supérieures.
Entre la peau et le coeur.
Comme s’il avait pitié.
Les os, épargnés.
Comme s’il faisait le distinguo.
L’engagement des Eparges n’aura pas lieu.
La fièvre.
Influenza.
Tourner cent fois autour de la tisane éventée.
Le tilleul a un goût de cendre et de carton.
En perce, le rhum qui ne réchauffe pas.
Écrire, se coucher sous le papier, sur les carreaux du plaid du canapé.
L’étang attendra.
Condoleezza.
Si je voyais en
Négatif. Noirs, les nuages.
La peau de votre
Le ciel, son soudain
Gris acier, un toit de lauzes,
Le poids de l’ardoise.
Regarder filer
Le train, les bulles, l’été est
Là, débarquement.
Lourd, le pas du chant
S’enfonçant, lent, dans le creux
Maigre d’une poitrine.
Au désert,
Où sont
Chapelles
A ciel
Ouvert,
Où poussa
Un fol
Sur son cierge
De pierre,
Les jardins
Sont
Vides.
Les hommes.
Leur houle
S’est retirée.
Le vent
Ne soulève
Plus que
Des nuages
De sable.
L’encens
S’en est
Allé.
Les colonnes
Se descellent,
Et tombent.
Sur l’église
Décharnée,
L’ombre
D’un euphorbe
Solitaire.
Chandelier
Silencieux,
Qui se tord
Vers les cieux
En une couronne
D’épines.
Sur les crêtes, des phares
De grès, et leurs lanternes
Mortes. Plaine en sang noir.