ce que vos yeux vairons

Catégorie: ombres

Décembre

S’amenuisent les jours

Comme une peau de chagrin et

Là. Sainte Lucie.

Les yeux fermés

Hier la nuit,
La charrette
A grincé
Pour Ernestine.
Prénom précieux.
Une citrine,
Une pierre de lune.
Garde funèbre,
L’ Ankou a hélé.
Roulement de tambour,
Les fenêtres
Calfeutrées
Sur les ténèbres.
Les vivants
Tremblés
Autour de l’âtre.
Elle n’a pas
Cillé
Au moment
De tendre
La main
A la main
Tendue
Et de s’enfoncer
Avec elle
Vers des chemins
Désormais
D’elles seules
Reconnus.

Contrejour

La nuit il me pousse
Un lait lourd et noir comme un
Sang au bout des doigts.

Les noces

Les rires entrechoqués, les dents qui s’écrasaient sur le bord des verres, les transpirations que ne contenaient plus qu’avec effort les parfums violents et gras des hommes et des femmes empoignés pour la danse, les soies dessous les bras qui se tachaient au fur et à mesure des pas, Hedda assourdie regardait le tournoiement.
La musique, forte comme un alcool, et les danseurs échevelés. Elle se cramponna à sa cigarette, à ses fumées lentes. Buée de cendres. La longue nappe but le sang de ses pieds. Ses hautes chaussures gisaient sous la table, abandonnées.

Stormy weather

L’ardoise noire
Des nuages, lourde lauze
Sur la nuque du ciel.

Vos papiers

De verre, de fer, de

Bric et de broc, mais les faire

Tomber à vos pieds.

 

La panseuse

Gaze sale

Du passé

Qui endeuille

Les souvenirs

Et pose sur eux

Son crêpe sombre

De veuve.

Mauvais calculs

Laisser les humeurs

Sombres passer par le rein

De la poésie.

L’île

Arche

Immobile,

Granite

Inflexible,

Chair

De pierre

Moins

dure

Que certains

Coeurs

Amers,

Fanal

Veillant

Fidèle,

Quand

S’avancent

Mes ténèbres.

Faire comme Faria

Quel air nourrit la

Bougie aux fers sous une cloche ?

Malgré le verre, luire.