Racine carrée de vouivre
Quille de l’iceberg, queue d’une sirène, à qui la part immergée de celle que je suis ressemble-t-elle
Me pencher sur le problème
Quille de l’iceberg, queue d’une sirène, à qui la part immergée de celle que je suis ressemble-t-elle
Me pencher sur le problème
Front buté, buttée
Dit-on de moi, un rang dur,
Tête d’asparagus.
Sais-tu que j’avais pensé me déguiser, géant vert, Cetelem de la publicité, afin de ne point t’effaroucher.
Me faire carbréléon.
Peut-être aurais-tu ri.
Un début.
Si je devais partir, partir lourdement chargé, la besace vide, l’étang fracturé, laisser ses tesselles glisser au fond de mes yeux, aux pieds d’un maitre, à Ravenne, pleurer toutes mes escarbilles, et là, lentement, l’étang ressemeler.
Libre, comme Job. Et maintenant. Veuillez vous essuyer les pieds avant de monter sur mon modeste tas de fumier. Soyez sans crainte. A tous les étages, eau, chauffage, électricité.
Laissez-moi un coin
De racines, où me nouer,
Demain, me lever,
Mars,
Le mois
Gros,
Son coeur
De bête
Gestante.
Mars,
Du gel
Au
Bout
Des doigts,
Et le soleil
Reverdit.
Mars,
Quand
La neige,
Une eau
Qui a
Pris froid,
Retombe
En pluie.
Mars,
L’hiver
Esseulé,
Par un torrent
Emporté
Jusqu’en
Son estuaire.
Linceul
Du printemps.
Solitude du
Coureur de fond, un an à
Noircir du papier.
J’ai beaucoup volé. Et pourtant.
Hier.
Au rayon des fruits et légumes.
Une planète, et l’un de ses lieutenants.
Une main s’est posée sur mon bras.
J’ai tourné la tête et j’ai cherché.
Je n’ai rien vu.
Il fallait juste se pencher.
Et je l’ai vu.
Un djinn, un farfadet.
Une petite fille difforme, tordue comme un tronc.
Elle bavait beaucoup.
Elle souriait beaucoup.
Elle avait de beaux cheveux tressés.
Elle faisait peur, mais elle souriait.
Un lutin.
Se souvenir que dans les contes de fées, les lutins sont malicieux, un peu tordus, c’est vrai, mais c’est parce qu’ils viennent d’ailleurs.
Ils ne sont pas dangereux.
Ce sont des messagers.
Alors, je lui ai dit, puisqu’il est d’usage de se saluer, entre trolls:
« Salut, moi c’est A. Et toi, comment tu t’appelles ? »
Un homme âgé s’est avancé.
Son père, peut-être.
Celui qui l’accompagnait.
Il m’a dit « Elle s’appelle Claire »
Quel homme clairvoyant.
Ce prénom lui allait comme un gant.
Elle n’aurait pu en porter de meilleur.
On a discuté un peu.
On était content que le magasin soit ouvert, qu’il y ait peu de gens.
Claire pendant ce temps s’était dirigée vers d’autres caddies, et touchait d’autres bras.
Je crois qu’elle a touché un caddy anglais.
La dame a dit « It doesn’t matter »
Puis Claire et l’homme se sont dirigés vers un autre rayon.
Avant de partir, je les ai salués.
Comme il se doit entre trolls.
Je reviendrai faire les courses ici.
J’espère qu’ils seront au rendez-vous.
Danse un sentiment,
Ne laisserait que poudre
Noire en sédiment.