ce que vos yeux vairons

Catégorie: poème

Fraise des bois

Rousseur

Vénitienne

Du renard

S’enroulant

En corolle,

Atour du cou

De la belle

Vénus se mirant

En sa pelisse.

Enchairs

Entrer en carne

Comme déchaux,

Revêtir, en tunique

De Déjanire,

La peau,

La moelle

Incarnat

Des mots.

Une hirondelle

Majordame

Serrée

En sa queue de pie,

Laisse briller

La moire

De sa livrée.

Sautelle

Sur son échelle

De fil,

Et ponctue

Le velours

Du ciel

De la soie

De sa virgule.

Les vieux

Dans un sac,

Pour leur voyage dernier,

En dépouille

De leurs jours passés,

Paletot usé,

Eau de Cologne

Bon marché.

Cénote noir

De leur peu de poitrail

S’exhale, guttural et sombre,

Le chant haleté des entrailles.

Votre tasse

Petit vaisseau de faïence, amarré au marbre du guéridon.

Cuillère en godille, flanquant la coque du bol.

Ciment du sucre, qui s’agrège en quille en son creux.

Lacet du café, posé en sceau sous la semelle de la coupelle.

Tranchée

Glaise en linceul

Pétrifie les écorchés,

Hurlement de boue.

La peau

Suaire tourmenté,

Procureur effroyable

De ses repentirs.

Les buis

Carrière au jardin,

Il modèle son Carrare vert,

Tronc conique topiaire.

Origami

Du papier jaillit

La chair, de la pliure,

L’ossature se fait.