ce que vos yeux vairons

Catégorie: printemps

Matrice

J’ai aux pieds

Des souliers de glaise,

J’attends l’inattendu,

Comme un voyageur

Scrutant le rail,

Un train qui ne

Viendra plus.

Tomber le scaphandre

Comme on tombe

La veste.

Se tenir nu sur le quai,

Comme un nouvellement né,

Au prix du mépris,

De la raillerie,

Entrer en résonance

Avec soi.

Ambruns

Nos joues roussies par

Un soleil en perce et nos

Peaux ombrées s’échauffent.

Au pré

Tresses d’herbes, fagots

Mauves d’ancolies, fillette

A son éventaire.

Jardin au matin

Café qui fume et

Tourterelle à son pupitre,

Air léger, yeux clos.

Portfolio

Procession de la

Glycine qui enrubanne le

Grès de l’imposte.

Miel bleu

A l’encognure de

Ses yeux, le lacis heureux

Des ridules sourit.

L’écrin

Parure vert-mercure

Du cognassier, argent de

Sa ramure au vent.

Pastel

Hier encore, brun,

Cendre, l’arbre revêt sa

Livrée de dragées.

Les visitandines

J’ai vu hier,

Au creux

Du vieux cimetière,

Timidement accotées

Au flanc maigre

D’une stèle effondrée,

Deux petites ruches,

Discrètes, silencieuses.

Dernières orantes

A honorer,

Du bourdonnement

Sourd de leurs prières,

Les âmes oubliées,

A l’ombre du jubé

Du haut marronnier.

Floréal

Tous les matins,

Au moment où

La nuit s’éteint,

Mon arbre-candélabre

Nimbe le jardin

Du halo céladon

Qui perce la porcelaine

Du pompon de ses bourgeons.