ce que vos yeux vairons

Catégorie: renêtre

Matrice

J’ai aux pieds

Des souliers de glaise,

J’attends l’inattendu,

Comme un voyageur

Scrutant le rail,

Un train qui ne

Viendra plus.

Tomber le scaphandre

Comme on tombe

La veste.

Se tenir nu sur le quai,

Comme un nouvellement né,

Au prix du mépris,

De la raillerie,

Entrer en résonance

Avec soi.

La pantomime

A la croisée des choix,

Le chemin des regrets,

Le segment des désarrois,

Les pantoufles tièdes,

Ou les pieds brûlant de froid,

Oser,

Les pas me sont comptés,

Mais enfin s’éveiller à soi.

Agonie

L’été engeôlé

Dans les soutes noires de

Décembre s’éteint.

« Et c’est difficile, le choix d’une vie »

Aller écouter

Véronique,

Jeter un pont

De Strasbourg

A la Colombie Britannique,

Oser

Le premier rang,

Et au vent

Mauvais,

Aux mauvais

Génies,

D’un monde

Terne

Et gris,

Je fredonne

Avec elle

Ses ritournelles,

Tristes

Et belles.

Son Vancouver.

 

 

Nemo

J’ai

Longtemps

Arpenté,

Semelles

De plomb

Aux pieds,

Les jardins

Vides

De mon

Passé.

Les yeux dans le dos

Passé

Inaccompli,

Limbes

Immobiles,

Le temps

S’est

Enfoui,

Comme

Une bête

Hiberne.

Les veuves

Claires nuits de juin

Qui ont ôté leurs sombres

Sarreaux endeuillés.

Ambruns

Nos joues roussies par

Un soleil en perce et nos

Peaux ombrées s’échauffent.

Lire

Réveiller un mot

Engourdi, donner vie à

Celui qui écrit.

Joug en joue

Et si devenir

Soi ne constituait pas

Seule folie qui vaille ?