ce que vos yeux vairons

Catégorie: sans tain

Chemin de Halage

Odyssée douce d’une
Voix de cire, bourdonnement
D’un néon, sans âge

Nez à nez

Pour l’odeur de l’hiver.
Poussez la porte d’un réfectoire, un jour bien précis.
Le jour du fruit.
Et ce jour-là, les fumets des viandes, des légumes trop cuits, évaporés.
Magie.
Toutes ces mains enfantines déchirant, han, han, en même temps, la peau épaisse d’un agrume.
Vous verrez, de table en table, de petits geysers orangés crever dans la bouche des écoliers, la lave du jus couler sur les mentons, et vous sentirez l’air se saturer lentement de l’huile entêtante des zestes.

Les ombres

Travées d’étagères.

Des livres à jamais plus

Ouverts. Cimetière.

Choisir

Dire une ligne
Compliquée, « J’aurais aimé
Que vos fussiez là »

Eclaircir sa voix
Monter sa gamme, simplement
Lire « Etes-vous là ? »

Miroir malpoli

Aimer l’histoire pour ne pas aimer les gens. L’histoire, le cimetière des vivants, la distance nécessaire, une frontière infranchissable. L’impossible retour en arrière, qui les met de l’autre côté de moi. Pour me rapprocher d’eux, je les enferme dans mes histoires. Ma séquestre inavouée.

Autoportrait

Je me rends compte avec étonnement que ce qu’il y a de plus lisible en moi, ce ne sont rien d’autre que des mots. Qui je suis, une manière de brouillon. Cette impossibilité de se dire autrement mieux que par le truchement de l’écrit. Quand votre moelle est plus dans la plume au bout du doigt que dans vos paroles qui ne viennent pas.