Entre deux eaux
Une urine marine
A-t-il mangé une sirène,
Un poisson de lune
Une urine marine
A-t-il mangé une sirène,
Un poisson de lune
Maintenant que le jour approche, je reprends l’entraînement.
Mon épiderme se fait cerne, je réapprends le froid, le torrent qui cisaille les jarrets, et le rire de Sieghart, Falstaff, qui roule, tonnerre, sur le toit des bois.
Le long des joues, la ponce des larmes, la glace. La joie
Scruter la fumée,
Réversibilité des
Volutes. Noir, blanc
Von Ebrennac, on dirait presque, presque un nom breton, le Périgord Noir, qui parlerait, avec l’accent de Romy Schneider.
Berlin Köpenick, je mange un Strammer Max.
Rosalie parle, elle dit Cééssar, Taafit.
Moi, je parle son accent, j’en connais le vocabulaire.
Ma terre étrangère.
Prendre le sentier. S’essuyer les pieds avant d’entrer.La forêt est une maison, on pourrait presque se déchausser. Les fougères sont froides, elles se sont éteintes avec la fin de l’été. Le matin, maintenant, elles crissent d’un gel léger, un vieux cuir desséché.
Les oiseaux sont là, mais on ne les entend plus.
« Mai ist vorbei, kein mood mehr for love fur den Vogel, Schaukelchaise ».
Siggi avait raison.
Le seul qui me parlait encore ici, c’était le torrent.
Sa voix de basse.
Tessiture de rocaille.
La voiture est prête.
Am Rande der Welt,
Siegrund und Siegehart, Zeit
Zuhause zu sein.
Le Rhin, une ligne
De sapins, murs mitoyens,
On se regarde
Défaire les lacets
Du corset du réel, se
Faire aile d’un oiseau.
Hans et Peter et
Rosa. Leurs voix d’outre-rien.
Le noir. Les forêts.