ce que vos yeux vairons

Catégorie: Sibérie

Khoomi

Tout oublier, tractus vocal lisse, équarri, une peau que l’on ponce, jusqu’à la rendre vierge, antérieure à toute leçon, mords la pulpe de tes joues, efface jusqu’aux traces du palimpseste, par l’interstice de la bouche, laisse entrer le vent, l’eau, ton krill, et le ciel tout entier, bleu tengri

Plateau pléistocène

J’entre. Le décor.
Étrange. Je me suis trompé
De porte. Où est l’homme.

Veulent plus rien dire

Ces mots. Voilés comme
La roue d’un vélo. Qui ne
Tournent plus rond, ne

« Voyage au centre de la terre »

Le travail de ses

Ferments, levain du feu et

Jeux d’eau d’un geyser.

Fistulina hepatica

L’arbre. Un roi et
Son fou moqueur qui tire la
Langue au promeneur.

En grève

Le jour. Fatigué,
Qui traîne les pieds et ne
Veut pas se lever.

Débâcle

Par le cadre du
Tableau le dessin fond et
S’en vont les couleurs.

En formation

Elles étaient là.
Elles étaient quatre.
Quatre biffins qui glanaient les champs gelés.
Soleil rasant.
La nuit l’étang grondait et bouillonnait.
Les oies étaient là.
Elles étaient prêtes.
Pour le départ.
Nourrir les oiseaux
Qui resteraient.

Fausto Coppi

Elle scandait, la vieille
Russe, « Photocopie », comme on
Harangue un cycliste.

Ataraxie

Divorcer de la fureur du monde,

S’enfoncer en soi comme en futaie profonde,

Etre à son désert, écouter le vide,

Faire sa mue. Tentation de la chrysalide.