ce que vos yeux vairons

Catégorie: Sibérie

Irminsul

Pousser la porte

De la forêt, et entrer,

Ma maison des vents.

Ne me suivez pas,

Mon pays de froid

Est là bas,

Entre Ob et Yrtich,

J’écrirai, quand

L’encre fondra,

Alors peut-être

Vous me lirez,

Tailler le bois

Pour me chauffer,

Pour vivre,

Ma plume ,

Attendre le soir,

Au seuil

De ma feuille,

Rester droit,

Mais je vacille,

Le cri

De l’aigle

M’appelle

Comme la colère

De ta voix.

Davaï

Tomsk claque comme un coup

De knout qui lacère les chairs

Noires de la Taïga.

Au meilleur des grognards

Grogne-à-tout,

Pinailleur,

Coiffeur

Minutieux

Vous coupant

Les cheveux

Plutôt

En quatre

Qu’en deux,

Pont Gillois

Jeté

Sur mes merzlotas,

Mes Bérézina

Les plus folles.

Le freux

A sa particule,

Arrachée

Comme soldat

Que l’on dégrade,

L’oiseau-gueux,

Mercenaire

Des plaines vides,

Raye l’air lourd

De l’hiver

De ses contours

Noirs.

Corsaire

Sans roi.

Un haïdouk.

Attendre

Décembre se consume jusqu’à la cendre.

Un soleil pâle, pulmonaire cireux, a trouvé refuge dans l’âtre,  lion famélique retiré des parades.

L’hiver, noir de sa nuit, s’étire sans hâte.

Le jour s’est tu.

Choisir son camp

Enfant

J’ai pleuré,

Nicolas Korpanoff,

Au moment

Du rougeoiment,

J’ai grandi,

Et c’est

Sans crier

Gare,

Que je rejoins,

Vivant,

Ogareff,

Et j’élis

Pour tout toit

Le ciel

Bleu nuit,

Bleu roi.