La panseuse
Gaze sale
Du passé
Qui endeuille
Les souvenirs
Et pose sur eux
Son crêpe sombre
De veuve.
Gaze sale
Du passé
Qui endeuille
Les souvenirs
Et pose sur eux
Son crêpe sombre
De veuve.
Encombré chemin,
Je creuse mon sillon, sans
Coquille ni bourdon.
Manteau trop petit
De la mélancolie, ses
Coutures ont craqué.
Contorsions de l’âme
Font plus souvent grands blessés
Que gracieux gymnastes.
La mise à part a
Donné des contours flous au
Singulier portrait.
Etre la somme de
Soustractions, comprendre enfin
Le cheminement.
Pousser la porte
De la forêt, et entrer,
Ma maison des vents.
Ne me suivez pas,
Mon pays de froid
Est là bas,
Entre Ob et Yrtich,
J’écrirai, quand
L’encre fondra,
Alors peut-être
Vous me lirez,
Tailler le bois
Pour me chauffer,
Pour vivre,
Ma plume ,
Attendre le soir,
Au seuil
De ma feuille,
Rester droit,
Mais je vacille,
Le cri
De l’aigle
M’appelle
Comme la colère
De ta voix.
Tomsk claque comme un coup
De knout qui lacère les chairs
Noires de la Taïga.
Grogne-à-tout,
Pinailleur,
Coiffeur
Minutieux
Vous coupant
Les cheveux
Plutôt
En quatre
Qu’en deux,
Pont Gillois
Jeté
Sur mes merzlotas,
Mes Bérézina
Les plus folles.
A sa particule,
Arrachée
Comme soldat
Que l’on dégrade,
L’oiseau-gueux,
Mercenaire
Des plaines vides,
Raye l’air lourd
De l’hiver
De ses contours
Noirs.
Corsaire
Sans roi.
Un haïdouk.
Décembre se consume jusqu’à la cendre.
Un soleil pâle, pulmonaire cireux, a trouvé refuge dans l’âtre, lion famélique retiré des parades.
L’hiver, noir de sa nuit, s’étire sans hâte.
Le jour s’est tu.
Enfant
J’ai pleuré,
Nicolas Korpanoff,
Au moment
Du rougeoiment,
J’ai grandi,
Et c’est
Sans crier
Gare,
Que je rejoins,
Vivant,
Ogareff,
Et j’élis
Pour tout toit
Le ciel
Bleu nuit,
Bleu roi.