ce que vos yeux vairons

Catégorie: vous

In nomine

S’interdire
Ve vous
Dire,
Votre prénom
Claque,
Muet,
Son coup
De fouet
Sous
La ligne
De mes lèvres.

En vous attendant

De la rue, le son mat des talons qui clapotent sur le trottoir mouillé, et le froid du courant d’air par la fenêtre entrebaillée, une voiture qui s’éloigne, la persistance du bruit un moment après qu’elle s’est éloignée, persistance rétinienne, votre image, les yeux fermés, il y a eu un bout de printemps cet après-midi quand la marée des nuages gris a mis front contre terre devant un petit soleil sorti de son lit. Le vent a fait claquer la fenêtre. Je pose mon crayon. Vous allez bientôt rentrer.

Hiver et contre vous

J’ai l’insolence des gens heureux en ce moment précis où j’emplis les contours de votre regard. Vous étirez ma  pâte jusqu’aux cieux, et je commande aux éléments. La vie se fait belle dans l’anse tranquille de vos bras.

D’azur et de chêne

J’habite un pays de poche, aux contours indéfinis, dont la cartographie se dessine sous mes doigts lorsque j’en désigne les flancs, les piémonts, et  qui sous mon sortilège, ne laisse qu’à moi le privilège de contempler le bleu du lac de ses yeux.

Saint Avold

Elire un jour

Singulier pour vous

Ecrire, se départir

Du calendrier imposé.

Vous dédier un saint

Particulier,

Votre martyr sera

Le mien.

Boîte aux lettres

Qui traîne la patte,

Boiteuse à ne s’ouvrir

Que sur des factures,

Je tends ma main

Dans sa gueule ouverte,

Comme un dompteur

Cherche l’aventure,

Le coeur battu.

Nulle autre littérature

Que celle du bazar du coin

Vantant sa menuiserie

Et les clous de ma croix.

La lettre ne viendra pas.

Amarres

Mon ermitage vous

A pour toit, l’enclos de vos

Bras, mon horizon.

Moleskine

Mon stylo stridule,

Cigale égarée sur les

Pages de mon cahier.

Votre sourire

Il aura suffi

D’une fissure dans les hauts murs

De ma forteresse.

Haïku à l’envers

A votre oreiller

Pareil, mais coeur à l’endroit,

Bel anniversaire !