ce que vos yeux vairons

Catégorie: Zao Wou Ki

L’assombri

Imperméable au
Bleu, galvanisé par le
Gris, le ciel. Il pleut

Regarde le jour, sa
Grisaille, par le vitrail d’un
Prieuré, Saint-Cosme

Discipline

Être l’employé, peintre en bâtiment,
Projeter, lisser à la taloche, artisan,
Dazi-Zao, sur le mur,
D’une phrase, et sa coulure

Cadre

Le long lacet de
La laisse de mer, marie-
louise d’algues brunes

Zao Wou-Ki, « L’espace est silence »

Un coup d’éponge, appuyé.
En essuie-glace, en biscuit-éventail, avec ses stries parallèles
Un coup d’éponge, fixe
Les trous de l’éponge, en constellation, marc de passoire
Des coulures, en dents de peigne
Des paquets de naphte, comme des aphtes noirs à la commissure d’une lèvre
Un rai de soleil tombe, droit, du plafond de l’aula, jusque sur la toile, raie de côté, ligne blanche de la lumière, qui trace une route sur le canevas, et s’éteint, un nuage d’hiver l’efface
Je m’éloigne, à petits pas
Devant le tableau, de loin
Tout cela s’assemble
Les grands gestes, les éclaboussures, les points

Dans la salle des encres
Un mur blanc, comme un pan de neige, où transpire un paysage
J’y vois, Rorschach, l’étang, un horizon haut, une nappe d’eau blanche, un collier d’arbres, en grains de chapelet

Dans le train bondé, vapeur des visages, conversations en buée
Je rentre chez moi
J’égrène le chapelet

Schatzzao

Ô, je ne sais pas
Quoi, quelque chose. La chouette
D’or de son trésor

De 3 à 2, dimensions

Grandes fleurs de
Papier, épanouies à
Plat, sur canevas

En bleu

L’ombilic qui me
Lie à l’étang, autour de
Mon cou, voir la vie

Mer !

On m’appelle, je réponds « J’arrive ! »
Mais « Me voilà »
Dit d’une toute petite voix, un chuchotement flûté, anglaises et tulle d’une toute première fois, dimanche de rose aux joues, d’images pieuses, échangées autour des dragées blanches, et petites boules d’argent, dont le mercure craque sous la dent.
« Me voilà », nos sept ans, tout petits, devant qui.
Longtemps après, se sentir cendre, temple d’Abou Simbel, si petits, entre les jambes des géants, en haie, pagne et pschent, un clair-obscur, petite niche du naos.
Et demain.
La mer, tout se contracte, une joie de cabri bondissant.
Là où la terre penche, à tomber, le spectre des bleus, des gris.
Plongée dans un cénote Zao.
« Me voilà ! »
In petto.

Hier, au soir

Je regarde, d’un rouge sang qui coagule, le soleil à son couchant ?, les tropiques, trop loin, et la mer, aussi, qui recueillerait, ici, cette paraison, et ses bouillons, au moment de fondre, pour la nuit, dans des flots fumants.
Ici, sur un mur, une lithographie, pour seul astre, je la touche, Zao Wou-Ki, mon doigt, mes yeux, je prends feu.

Deuxième leçon, le ça

Rouge, Rothko.
Bleu, Zao.
La langue du billot se délie, noir, de suie, blanc, un blanc, le billot ne répond pas.
Son nuancier, troué, le lait d’une bouteille, qui coule dans l’évier.