ce que vos yeux vairons

14/09/2024, le temps fruit

14/09/2024, rayonner

J’ai attendu trois ans
Et le jour où l’on m’a dit oui
J’ai sauté comme un cabri.
Elle s’est mesurée au temps
La sabreuse de ruban,
Avant de lever
Pour la première fois
L’infime bouclette de soie
Sur une tesselle de tissu perdu,
L’amorce rompue d’un motif,
Pointe de boteh,
Le savait-elle seulement

13/09/2024, soir

13/09/2024, ondes herziennes

Perdu de vue.
Si l’œil défaille
Penser au moteur auxiliaire
Celui qui est soigneusement remisé
Dans l’appentis,
Qui fonctionne en cas d’orage
La nuit,
Lorsque le regard
Est brouillé de pluie

13/09/2024, gelée

Année sabbatique
De l’arbre à coings.
Fol avril,
Frau Holle
A secoué
Les nuages de pluie
La neige
Qui a eu tout le temps
De se fondre,
Mie,
Panade, les pétales,
Aux quatre coins
Du jardin.
Ainsi l’herbe éclaircie
De son vert profond,
Céladon,
C’est là don de l’arbre,
La parcelle,
En~visagée
Sous un autre jour,
Le nuancier précieux
Enrichi,
Glauque~jade~prasin,
De l’année,
Le fruit

12/09/2024, couleurs du temps

12/09/2024, le jour et la nuit

12/09/2024, midi revient toujours à la même heure

Disque de Nebra
La crêpe baghrir aux mille trous.
La carte du ciel
D’un monde
Mouvant,
Immuables ingrédients,
Mais les repères sont primesautiers,
Vivante pâte qui bulle
Où bien lui semble,
Constellation
Au petit bonheur,
Dans l’immensité noire
Du Téflon de la poêle.
Ne t’y fie, voyageur,
Pas même pour faire le tour
De la question,
Tu as beaucoup à perdre,
Le Nord,
Ton latin,
Désorienté, la vie.
Mais ni le moral,
Verre à moitié plein,
Considère qu’il y a à manger,
Os à ronger,
Entre chaque petit cratère qui surgit,
Et conséquemment,
Ni l’appétit

11/09/2024, thé

11/09/2024, le soleil prend de la hauteur

Je me frotte les yeux,
Le vent, de la vitre, le transparent,
Rendu chassieux,
Marbrures ebru
Des pollens mêlés
De pluie,
Liniment de l’automne.
Et l’électuaire
À donner à la cafetière
Qui crachine,
Asthme de calcaire,
Maux des objets
Et de la matière
Dehors, la corolle
De verre
D’un coprin
Avance sur le trottoir,
Parapluie en capuchon
Qui laisse tout voir
Des petits pas mesurés
De la dame,
Globe,
Et jambes démesurées,
Beauté
D’une méduse,
L’air est son élément.
L’eau brûlante
Sur la poudre de café
Prend son temps,
La créature,
Le haut imperméable
Le reste Mélusine,
À tout petits pas,
Chaussures étroites ?
Socques de bois,
La nuque en col de cygne,
Et cabas à pain
Passe lentement le coin,
Frêle esquif
Happé
Par l’horizon
La barrette de maisons
Le bout de la terre
Est encore loin