ce que vos yeux vairons

03/06/2024, au troisième jour de juin

Coulonneux,
Ton cerf-volant est libre
D’aller, de revenir
Tu es son jouet,
Également.
Le fil qui vous relie,
Torsion de deux brins,
L’air et le vent,
L’enfantine inquiétude,
S’effiloche
Et tu le sutures,
Avec de plus en plus de parcimonie,
À ton habitude
Sans un mot.
Les bagués croissent au creux du colombier
Celui qui manque à l’appel
A déposé,
D’épi de blé,
La boucle de sa manille.
Il a tout à inventer,
Le grain,
La houe,
Le rectangle du pré
La paire de bœufs
Le goût perfectible de la farine
La divine intuition du levain
L’odeur du pain brûlé,
Devenu ramier.
Il ne te doit rien,
Piété filiale.
Le plan du nid

02/06/2024,

Cahier de poésie, casse de typographie, par les ouïes du colombier, en un collier de perles qui rompt, le buis d’oiseau s’élève, son nuage de grains noirs et cendre, tu perds le fil, ce mot sur le bout du monde de ta langue t’échappe,  entre le pertuis des lèvres, l’horizon, l’innommé
Hélium diffus de la pensée, qui vague, accrocher à la fenêtre de la page vacante devant le rideau, Chambre à louer, tournesol compris, scruter le ciel, à la recherche des éléments de typo, un point de tourterelle qui blanchit, squame,  la dépouille du corbeau

02/06/2024, le jour et l’heure

02/06/2024, *paquet-chaos, les mots

Une vie verdâtre vêtue de jute, sa stature
Érémitique mangeur de sauterelles
Et rayon de miel d’abeilles sauvages
Pollen au bout de l’ongle acéré, l’épine
De l’acacia
Rayon des graals, somptueux œuf de Fabergé,
Une poêle Tefal.
Choix crucial
Caméo, portant beau
Casaque rouge floquée
Maître Yoda circule entre les lisseurs,
Les moulins à café,
Indiana,
Comptine,
Et sa main tremblante sont dans un bateau
Sueur et indécision.
À petits pas mesurés arrive le conseiller,
*Serait-ce pour un cadeau ?

01/06/2024, rond dans l’o

01/06/2024, l’esprit de l’escalier

Tu es arrivé,
Il faut sauter
Hans.
Quand es-tu parti,
Que coïncide cette heure, supra,
Avec ton intime précis ?
Pour savoir,
Se faire saumon,
Remonter le cours de l’histoire,
La case départ,
Celle qui est sans valeur,
Sur le plateau de jeu,
Mais avec guichet,
Et carnet à souche,
Le prix est affiché,
On ne marchande pas.
À l’électricien,
À son impuissance,
Tu demandes,
Secouant les filaments de l’ampoule,
Ce qui ne va pas,
Avec l’amont,
Les années-lumière
De la centrale
Épuisées,
Au moment où tu parles,
Depuis bien avant
La mesure du temps.
Mais tu ne l’avais pas remarqué.
En retard d’une guerre

01/06/2024, juin en premier

L’endroit,
Le Progrès.
Sur le modèle de ces enseignes disparues,
Un hôtel au conservatoire de la mémoire,
Sur les hauteurs de la rivière Creuse,
Qui sait,
Au surplomb d’une boucle,
Dont une rangée de saules font cils
Avantageux,
Et la pénombre,
L’après-midi.
Déjeuner sur l’herbe en paix, les italiques
L’indicateur du chemin de fer usé aux plis,
Sans terminus,
Petite malice du papier.
Feuilleter,
Luciole au front,
Tu es mineur de fond,
Avec des pincettes d’or,
Le guide ancien
Rue des boutiques obscures, il n’y a pas de numéro, pas de facteur non plus, la vacance
Sur le côté pendu
Comme les vieux faucheurs de foin
L’étui pour la pierre
À aiguiser,
Tu y serreras ta fiole,
Pour recueillir
Les pages en poussière,
Les illustrations,
En fugitifs repentirs,
Avant qu’il n’en soit plus que poudre
Filant entre tes doigts,
La croix,
Pour seule adresse,
Quand tout le reste,
Les criques,
Les arbres à palmes
Décors de la carte,
Avec le trésor,
Les sillons de buis du labyrinthe,
Se sera estompé.
Mais la terre ferme
Sous tes pas

31/05/2024, Gemütlichkeit

Car le chemin est long,
D’ombres sinueuses,
La route couvre chaque bosse,
Chaque sapin est le reposoir
Autour duquel elle gire et repart
Jusqu’à l’orée du bois
Où le vallon des hommes se clôt,
Et le cède aux fougères,
Les hôtes de la petite auberge,
entre trois et cinq dénombrés,
Pas moins,
Les doigts d’une main,
Selon le point de vue.
Brigadoon,
La brume lève ses jupons
Sur les fraises,
Circule,
Entre les tables à peine éparses
L’esprit de Babette
Je m’y suis sentie attendue

31/05/2024, bauta, de charbon et de nuage. Carnaval

31/05/2024, papillon, papillon, papillon

Combien de fois naît-on au cours d’une vie ?
Ce matin de printemps
À l’imitation du maître du clair-obscur de Vic,
Tête droite de son joueur de cartes
Et regard qui s’étire
Par delà le cadre,
Libres confins,
À la dérobée,
Je bois,
Clairière parmi la forêt
De tilleuls, et herbes,
Au regard de Jeeves,
Ses iris d’eau,
Chacun,
Un sillon
Dans la cire de la mémoire.
Pierre blanche,
Hier était une grande nuit

À Christophe