ce que vos yeux vairons

Mouvement

Deux coques se cognent à quai

Réussissent à ne se briser, 

Elles ont pris le pli de la houle

Poème matinal, porte~faix du songe

Monde, parmi l’angélus glorieux

Dans la touffeur non éteinte,

Rappel des oeufs à la salmonelle,

Le balancier du jour,

Faire la planche à l’interstice,

La vase,

Le vase nourri de fleurs

La main en étambot profond,

Les yeux vers le ciel

Humble peuple

À la chaleur

Le chat, immobile sphinx

La souris verte, mouches

Naissance

États du ciel

Terreminus

Il a laissé quelques millions d’années

Aux grands dinosaures

L’homme, mal dosé, trop de griffes au bout des doigts

Trop peu sur le coeur, de Velours~Crochet

S’attacher son frère par l’hameçon~amour,

Il est mauvais pécheur.

Sur les abeilles ?

Sur qui miser, à l’avenir

Ou renoncer

Froisser la planète,

Comme une boule de papier

La neige, bois des bouleaux

Chardon butiné

Dans le café qui avait fait florès

Au pied de la colline de charbon,

Diabolo~menthe, le kiosque à musique

Poussiéreuses rue, Metz, de l’oeuf de Jaumont

Ne reste que le blanc chauffé à blanc, août

En Forêt Noire, les croisillons du soleil,

Volète la Chambre d’Ambre,

Tabacs d’Espagne dans les sous~bois

Longue lettre de Jeeves à l’Absent,

Sans un mot de trop, et l’ailleurs espéré 

Jardin d’ornement

S’y sont établis l’encensoir des cèdres

Jaune de Naples, azulejo les mésanges 

La vérité de l’endroit

Le sceau de la Beauté sur tous ses éléments,

Grain de poussière 

Cerf blanc,

Caillou plus bas que terre

Escarboucle,

Le buisson de roses,

Leurs épines en espalier

Qu’empruntent

Sans y laisser leur peau,

Les cherche~midi

 

 

La mer, la lune

Un autre regard

Démantelé jusqu’à sa dernière pièce 

Le puzzle,

L’image n’a plus de sens

Le carton à l’emporte~pièce en tas,

Tesselles dentelées ostracas

Perles éparses du collier à réenfiler

Un nœud infime, une nacre,

Pour la solidité,

Ainsi la phrase broyée en sa boule

De papier,

Sa fibre confondue dans le linceul

Blanc,

Salar épair qui dissout toute matière 

Mais renaissance,

Quand la main qui lisse le chaos des plis

À nouveau y laisse entrer la lumière 

Kintsugi,

À la vie,

Ro/se de Jé-r/i)cho