27/02/2024, sur le rivage

Il tient tout seul,
Éloignez-vous, arc-boutant et contrefort,
Le mur
Quel séisme l’aura ébranlé,
Les mouvements de la terre
Sous ses fondations,
Mais ceux du coeur,
Qui battent droit, et doux
Ne l’entament pas,
À peine une fissure, là
Pour qu’y niche
Une plante de rocaille,
Dont la tige
Fait enluminure
Le long de deux pierres
Jointées,
Une alliance qui en fait
Tout le tour,
Verte
Cher Jeeves-Amour,
Et recommence,
Et ce frémissement
N’annonce pas l’éboulement,
Pieds du mur qui n’est pas de bois
S’enfoncent et ramifient,
Pour la solidité,
Le vent le fera ployer,
Moellons à la souplesse de roseau,
Il tient debout,
Et sous l’insulte du
Défense d’afficher
Une main n’oblitère rien,
Fait sortir le libellé-fleuve de son lit
Autre chose que le mot
Aimer
Pour C.
Verre humide encore, les ailes sèchent cassantes
Une jeune mouche apprend à marcher, calendrier
Il n’est pas venu
Le thermomètre indique
Ce matin, chat couronné
De fleurs,
Le printemps est là,
Pour la toison.
Son humain reste dans sa maison,
À l’imitation du bernard l’ermite.
Sous la surface proche,
La sirène ouvre les sabords
Du galion,
Laisse entrer le soleil par vagues,
Bat la poussière,
Accroche les pots de géranium,
Il y a quelque chose dans l’air
De moins lourd
Que les mois d’hiver,
Une odeur de fleur humide
Sous la coupe de la rosée,
Les nouvelles du monde
En nuages diluées
Jaspent les eaux un instant,
Comme un ebru
Elles sont sabot
De cheval, les bulles
Et je les soulève
Une à une
À la recherche
D’une trace
De pas,
Trésor inscrit
Au plus profond
D’une branche
De corail,
De poisson,
Rouge rubis