07/02/2024, gantée

Il y a des gens qui cherchent leur prénom
Parmi les rangées de bols bretons
Ils n’existent plus,
Le temps passe
Puis d’autres les porteront
À nouveau
Rien ne se perd
Rien ne se transforme
Vraiment
La moire du soleil dans les cheveux
L’ordre des lettres
Ou peut-être l’anagramme
Exacte du prénom
Rien de plus
Tchouri tourne petit osselet dans le cosmos
Et ne retombe~dans la mer d’huile de la bassine
Où la flotille croise~esquimaute la quille en l’air
Lorsque je la titille du bout de la cuillère
Tout l’univers en expansion~gonflés à bloc
Je baptise les beignets, Teegarden, Mimosa
Ordonne les constellations
Une tête d’astéroïde bulleuse quasimodo
Zimt Zucker talc BB pour unifier le teint
De la gueule cassée,
Sous la dent un grain de sucre cristal sonde
Philae
La rengaine grinçante de l’hiver des oiseaux
Mue
Annonciation de l’hirondelle la villanelle
Il faut décoiffer les pots d’amaryllis
De leur chapeau de journaux
Il est temps
Sortir les petites Vénus dorées du bain
Tout et rien
Mercredi
Très haut dans le ciel il tourne, à la recherche
De sa proie, l’oiseau. Son mulot tient en l’épaule
D’un humain, ce point très loin, journal déployé
Sur les nouvelles du jour, lys et dahlias noirs
Et se penche, la mise à distance brouille les cartes
Les gros titres fondent à vue d’oeil, cri de rapace
En clochette, ostention de l’hostie du soleil,
La Terre bleuit encore une fois, un myosotis
Piqué en boutonnière sur le vide stellaire,
Et jetée, en voile pudique sur le déroulé
Des choses au ras des pâquerettes,
Une plume d’oiseau tombe
Comme une rose sur un cercueil,
Au moment de l’ensevelissement
Dans un rai de lumière,
Filet d’or appliqué,
Kintsugi,
La terre est une céramique
Craquelée,
Sur les lèvres de sa blessure,
Le trait de la cicatrice
Jamais ne se pose ni ne bat des ailes, il plane
Pêcher ce que l’on ne peut attraper, relâcher
Le poisson, garder à la pointe de l’hameçon
Émoussé, la tige d’un cheveu long galbée,
L’instant de la perle, l’irisé de la bulle
En germe à la commissure de ses lèvres,
Air, avant que ne le fende le fil d’or
D’une écaille, tuile soulevée