13/11/2023, du bist bei mir
Infantile maladie est l’illusion,
La fébrilité.
Exempt de sueur, de l’expression noire
Cauchemar de poix où s’encalmine l’âme,
Le rêve, Jeeves, plume blanche qui se détache
Du bonhomme de neige, l’antidote
Infantile maladie est l’illusion,
La fébrilité.
Exempt de sueur, de l’expression noire
Cauchemar de poix où s’encalmine l’âme,
Le rêve, Jeeves, plume blanche qui se détache
Du bonhomme de neige, l’antidote
Se lève
Un rayon,
La roue de la charrette en soleil
Sous le levier du cou de taureau
L’Atlante ébranle,
Qui se retrousse les manches
Et dans la boue pose son huit-reflets,
En retire une dislocation souffrante,
Le pauvre Fauchelevent,
Le cœur de Javert.
Montreuil-sur-Mer
La voix recto tono, mélisme de l’oiseau
Ainsi qu’un ruban qui tourne, atour de l’arbre
De mai
Ils ont la faculté de se renouveler
Les ourlets défaits se déroulent sempiternels
Aux manteaux scindés, nul fil ne vient à manquer.
Dans les jardins, les fleurs s’apprêtent pour le voyage
Les mottes sorties de terre sont divisées sans bruit
Tout le printemps est dans ce chignon de racines
Qui foisonnera sous le soleil, seule langue
Parlée par toutes. Il suffit d’y mettre les formes
C’est ainsi que je me nourris.
Le geste ample de Jeeves qui rassemble
Et mène à la bouche les débris de pain épars
Sur le plateau de la table,
Rien ne sera jeté aux chiens.
Celui, sur, du silence,
Émietté en fragments minuscules
Pour le lombric fabriquant
L’or noir,
Être chtonien sur lequel tant repose,
Une série d’anneaux roses
Devant lesquels mettre genou en terre,
Il éboue, le plomb de l’amertume
En métal précieux,
Tout comme celui qui me parle,
Auquel je réponds,
Flux de la réflexion
Limon de la pensée
Riche loess,
Boue érigée en homme
Nihil, la houe trace un sillon
Dans le sillage d’une paire de bœufs
Les rives sont vertes,
Coronarographie de la vie au désert,
Fleuve Nil,
Son avancée
Sur la route puis le champ, passe le V tremblant
Au ciel battant des ailes, au son du chant de marche
Sur la mousse du blé d’hiver à peine levé,
L’ombre de cette pointe de flèche, et chaque oie
Qui part en affûte le silex, un flocon
De neige tombe, rémige de l’au-revoir
Fanion, rose joue au jardin les prolongations
Deux colonnes d’or aux portes du cimetière
Les marronniers, phare à l’éclat fixe,
Leur torchère met en lumière les maisons des morts,
Au visage des vivants donne de la couleur,
Celle du pisé des villages de santons
Patine du cuivre aux chrysanthèmes
Qui vont entrer dans leur hiver,
Deux chats, Étoile Mystérieuse, épaississent,
Duvet d’eider et pelisse de loup, leur fourrure
Deux autres nouent une alliance pour se tenir chaud,
Poil ras, nécessité fait loi,
La pluie nettoie les carreaux
Sa pince à mâchoires dénude le corps simple
Du cœur, deux fils au sang qui circule
Rubis azur, le Nil fécond du delta
L’hiver.
L’animal crétacé retourne léger à l’or lazuli
De la mésange.
Les fors intérieurs chaulés de neige
Perdent leur lustre baroque,
Les tentures de velours, rideaux de scène
Qui occultent le jour,
La tubéreuse sans oxygène,
Fond l’excédent de fard,
Le soleil fait son apparition,
Lumineux ermitage.
D’un geste très doux,
Jeeves fait descendre Oncle Ho
De la table où il se juche,
Une fois, et deux.
Tous les jours, je viens ici,
Sur mon rocher marin.
Les gros porte-containers
Qui montaient leurs murs
Au ras de la côte
Naviguent, points dans le très lointain,
Plus rien n’obturent
Du paysage, l’infime me saute aux yeux
Ce buisson aux nacres
Couvert d’escargots
Bougies en spirale
D’un arbre de Noël
Que le jour qui vient
Si lentement anime,
Les cornes, jouet de la brise,
Comme le corail, du courant.
Sous le marbre,
Les planchers en bois.
Je vais laver les sols
Dans la glaise le plantoir
Je n’enterre personne d’autre
Qu’un bulbe de muscari
Endormi petite canine de chat
Qui bleuira l’ombre entre les rosiers
Soleil qui te lèves toujours à l’Est des choses
Et te laisses retomber,
La nuit, préférable.
Je cercle ce coin de ciel
De ma lunette cernée de boue
Et te détache, étoile en cimier
Aux débiles rayons d’hiver
De loin tu sembles cette braise pâle
Sur laquelle souffler
Je ne veux pas t’appeler feu-soleil,
Brille de tout ton étain,
Saison de ta carnation,
Tes feux au fusain,
Et le rehaut des feuilles qui tombent,
Sang,
Et le bois prend racine

Bricollage