31/08/2023
La vitre
Vitraillée cet été
Pattes de mouche
La vitre
Vitraillée cet été
Pattes de mouche
Le chat a sept vies
Grand procrastinateur
Devant l’éternel
Salon de coiffure
Permanence du miroir
On n’y coupe pas
Un oiseau sautille
Sur ses talons,
Picore
Le pain noir
À dessein
Perdu.
Le Petit Poucet
Pas à pas
Grandit,
Avec lui,
L’oiseau,
Et le chemin
Qui s’inscrit,
Le vide
S’habille
De bois,
Et du rond
Des clairières,
Et sa main
Est ainsi,
S’épanouissant en
Roue de l’éventail,
De l’aube
Du pouce,
Au crépuscule
De l’auriculaire,
Avec sur l’index,
La trace fraîche rose
De deux griffures,
L’empreinte
En anneau,
Sans gravité,
L’oiseau
A vieilli
Est un poids plume,
Petit Poucet,
Homme devenu,
Et sa paume,
Pour son compagnon,
Une aire
De repos,
Comptine
Tortue,
Dont la parure
Est cette traîne
Tissée
De fils de chaîne
Légers,
La lenteur des jours.
Le poison lent
De ta cangue,
Le bois de ta croix
Est pierres et
Dorures
Une gangue chatoyante,
À couper le souffle,
Ô lourd animal
Sellé d’un bât,
Fontes fondues dans la gemme,
L’obligé
D’une main
Qui creuse ton trou,
T’emmure
Sous ta coque,
Triste vestale,
Bijou d’armure
Qui aura ta peau
Ton souffle dernier,
Chère défunte,
Tordue
D’un jaune impérial
Le fruit,
Sur l’arbre aux sequins
Dont le manteau
Émeraude,
Angélique,
Le vent feuillette
Son nuancier,
Est doublé
D’un vair bruissant
D’abeilles,
Atour
Du confiturier.
D’ici et maintenant
Jusqu’au point culminant,
Aux frontières de l’année,
De l’été
Aux rives du Léthé,
Le fruit en son tonneau
Tenu au secret
Entame son voyage,
Tombent,
Manteau de gloire, manteau d’argent,
L’odeur nauséabonde,
Et la fermentation du corps,
Au cœur,
Le noyau reste de bois,
Et son amande,
Douce.
Et décembre, six, souvent,
Le chaudron mis à bouillir,
Cuivre sur macération,
Verra s’élever,
Par la vis sans fin
Du serpentin doré
À la fin de la nuit,
Des vapeurs,
Brumes de l’aurore,
La première goutte
Claire,
Le fruit
A troqué
Son manteau lourd
Pour une robe
Couleur
Du temps