ce que vos yeux vairons

Le ciel sous la braise

Nuage

Château d’eau

La petite araignée

Elle met la table sur un tabouret
Dans un galopin, quelques brins de basilic
En bouquet,
Deux œufs pris dans la gelée de l’aspic,
Ambre de la Baltique,
Un joueur de vielle à roue,
Martin Guerre,
Le calumet de la paix,
Midi

Cresson des fontaines

Soylent Green, an 3

Le chat est tapi
Aplati sur le toit
Noir et gris
Tapis,
Son terrazzo de poil de yak
Inutile houppelande aujourd’hui
Il ouvre, immobile descente de lit léonine
Le museau,
L’espoir qu’un bourgeon de moineau
Y prenne racine,
Et baille,
Rêve de se jeter à l’eau,
Dans le bassin aux carpes
Où rien de blanc et rouge
Entre le pied aquatique des iris
Ne bouge,
Poisson~chat
En catimini
S’y glisser,
Un doigt de pied,
Pour la température,
La félicité

Soleil, bain de friture

Humain

Je ne sais où j’ai perdu un ami
Je ne suis pas peintre de marines semper fi

À Rome, fais comme les romains

Du serpolet, du sainfoin
Quatre paires d’escarpins,
Une nappe de dentelle,
Sur un fil, un groupe de lucioles en lampion
L’araignée reçoit à dîner
Son ami le lapin

Dénouement

Il ne reste
À la belle étoile,
Que le sable strié,
L’arène,
Rendue à la nuit
L’empreinte des chars
En vaguelettes serrées,
La clameur,
De fine poussière,
Une fin de pluie, quelques inaudibles gouttes
A fini de tomber,
L’attelage
Libre de mors,
Le lion est à l’imitation du cheval,
Il n’y a pas de raison,
Le cheval dort droit dans ses bottes,
Le lion ne piaffe pas,
Zodiaque à l’appariement,
Sort des souterrains,
Ses empreintes de pattes,
En forme de marguerite,
Lunule des sabots
Sur le sol ratissé,
Une constellation monochrome,
Beige désordonné
Comme si le ciel avait apposé
Sur l’ovale du cirque,
Morsure sur le papier,
Le relief
De son ex~libris,
Aussitôt effacé,
Comme ces tapis de sciure colorée
Foulés
Lors des Fêtes~Dieu,
Qui retournent
À leur nature