Midi, Oncle Ho
Dans les grandes lignes.
Une forme ronde.
Plat
Patène
Écuelle
Jatte.
À droite, posée
En cuillère à soupe,
Invisible monogramme,
Oh !
Car le chat
Vit
Autant le lait
Que de caresse,
Sa brosse
Dans les grandes lignes.
Une forme ronde.
Plat
Patène
Écuelle
Jatte.
À droite, posée
En cuillère à soupe,
Invisible monogramme,
Oh !
Car le chat
Vit
Autant le lait
Que de caresse,
Sa brosse
Un soleil
À huit branches
Qui tisse des nuages.
Le ciel, pavé de labyrinthes de fil
Y rassemble la pluie
Qui tombe,
En feuilles ajourées,
La soie,
Entre les baroques
D’eau,
Qui vont
Verdissant,
La chute,
Sans précipitation,
Gravité
Retenue,
Lenteur,
Vers les prés
La plate-bande des rosiers,
Dont le vert des feuilles
S’est converti,
Or contre-plaqué
Par le vent, et la pluie,
Baiser de Midas.
Les fleurs sont épargnées,
Les pétales,
Foulés jusqu’au feutre,
Dragées cassées,
Par la fracture ouverte,
L’amande bée,
Le sucre a fondu.
Les couleurs douces
De laine des petites chèvres
Des hauts alpages,
La terre les a bues,
Le presque rose,
Grenat à grande eau,
Céladon,
Vestige de forêt profonde,
De prairie au vert si serré
Qu’il touche au noir.
Mais entre les pieds
Des rosiers
Qui tirent le rideau
Sur la saison,
Les petites herbes
Réveillées,
Ondée,
Un rayon de soleil
Tombé du camion
De l’été,
Marmottes folles,
Elles croissent,
Lacet croisé
Entre les roses
Au tronc noueux
Comme celui des ceps
Vendangés,
Belles au bois dormant
D’un sommeil léger,
Hibernation
De carton,
Font battre
Le choeur
De la chanson,
Cacahouète…
Posé
De ce côté-ci
De la clôture
Électrique,
Le bloc
De sel.
Dans le pré,
La petite vache,
Herbe verte
Et grasse
Aux jarrets
Étire
Sa langue rose.
La question
Est pourquoi
La question
Est est-ce, tiret ci,
La poésie,
Le par-dessus
Tout,
Vers l’étoile
Jour morose,
J’ouvre un jourmal.
Jour-oh-les-beaux-jours,
Je lis,
Carnet
Et mots roses
Joyeux café,
Je fais les mots
Croisés
Dans
Un quotidien publié
Au petit bonheur la chance,
Beaucoup plus de jour avec,
Que de jour sang,
Qui parle de la pluie tiède
De vive le vent d’hiver,
Des gens sur la mer,
Voilier,
La mer est douce,
Personne ne tombe
De sa coquille de noix
Et se noie
En Méditerranée,
Rubrique nécro,
Si l’on meurt
Sous les bombes
Elles étaient juste au chocolat
Glacé
Ce journal,
Et ses frères,
Jourbeau,
Quatre feuilles de chou
Pour un trèfle
Là,
On se met en rang
Pour un litre d’essence
Pour un litre de banquise,
Pour un litre d’ours blanc,
Pour un litre d’eau,
Pour vendre un litre d’eau au prix de l’essence croupie,
Pour un litre d’abeilles,
Pour un litre de forêt de sapin, pour les abeilles sortant de leurs ruches
Pour un litre de lait de cerf blanc,
De trêve des confiseurs en juillet,
Ouvrez les bouteilles,
Du robinet,
Ça coule de source,
Enveloppées de papier d’argent
Brillant sous un soleil au mitigeur,
Ni trop froid, ni trop chaud,
Mais fondant sur la peau,
Mozartkugeln
Pour tous,
Les vieux,
Les fauteuils roulants
Et les enfants
De tous les âges
Devant
La bonne eau de pluie
Qui colle à la vitre
Isabelle
Qui sabre si bien les rubans,
Accent
Montant descendant
Comme les dentelles
De Montmirail
Dirait que ça pègue.
Profondeur
De la couleur de l’herbe,
Son épaisseur en cet automne,
Sur le réseau racinaire
Des veines de charbon,
Des filons d’émeraude
À ciel ouvert,
Torrent de pierres,
Dans les jardins,
Rivières de diamant vert
Et ploie le cou des plantes,
Dévaluation
Dans les cours de récréation,
Sous le manteau,
Le sans prix de la verroterie
Une bille transparente
Comme l’eau claire
Vaut son pesant
De trésor.
Pierre étrangement
Belle,
Plus encore,
Avec inclusion
Qui saute aux yeux
Du lapidaire,
Occupe tout l’espace
Jeeves,
Au coeur d’or