ce que vos yeux vairons

Double voie

Hommes qui encensent
Le dessous de leur robe
Blanche à Sana’a
Du premier étage
Je me penche sur le lilas
Sous la pluie, les herbes,
Gouttelettes d’un
Pétrichor, intérieur d’un
Sac poudré, bonbon
À la violette,
Maman, Mémé

Per fumare

« Siehst du, Laura », dit
Maman, mémoire olfactive
Tiré d’un film à
L’eau de rose, wer weiß

First we take Manhattan

Traverser à pieds
Secs le temps d’une chanson
Curry unter den
Linden, pastrami dans la
Forêt de béton

Son poinçon

Tapis noué main
À quoi rêvait-elle, celle
Devant sa lisse
Assise
La chaleur, sa cire
De sueur sur les doigts
Glissant sur la lyre
De la laine, couac
D’une fausse note, à jamais
Tapie dans le tapis
Ou bien était-ce
Une mouche dansant
Sur le carton à dessin
Qui oblitéra
De son ombre le motif
Désiré, boteh

Que fais-tu ?

Je télégraphe
Chappe. Les messages, brouillés
Le bras gauche met tout
À l’impératif
Éclairs, zigzags de z, ordre
Et contrordre
L’idiome d’un homme de
Paille au milieu d’un champ d’avoine,
La brise

Le temps de la sieste

L’après-midi, un
Bernard-l’hermite, a trouvé
Refuge dans le
Cadran d’une montre
Arrêtée

Les petites maisonnettes

À Cayeux-sur-Mer,
Sur la plage, une rangée de
Crayons de couleur

Tachymètre

J’ai voulu de toutes
Mes forces pointer l’aiguille du
Compteur vers le Nord
On ne refait pas la guerre, dirait Walter
Le cénotaphe
Se remplit de terre et d’os
Tu rembobines
La clepsydre

Eigelb

Soleil sur les eaux
Murs de grès, que tamise
La lumière, sable

Le verre à moitié

Confiture d’orange
Amère, bocal Le Parfait,
Scellé à double
Tour. Dessous, du beurre
Doux, baskets New Balance, l’herbe
En uniforme, verte