Anachroniques
Tu ouvres l’Aurore
L’aube a un nom de princesse
Ivoire des nouvelles
Du jour
Tu ouvres l’Aurore
L’aube a un nom de princesse
Ivoire des nouvelles
Du jour
Bouteille de bière
De bord de mer démantelée,
Un tas de billes baroques, ambre au sel,
De ces verres sablés par des années de lave-vaisselle
Et elles ne tournent pas rond, calots voilés.
Reconstituer le flacon
Un panier percé, vacuité, trop de bouts manquent
Un enfant au rouet, carde le goémon,
Il cherche la lettre, le message iodé,
Défait ses chignons, longs phylactères,
Rubans télégraphiques, dont le chiffre,
Amas de tellines en croix,
Désignera l’endroit où chercher,
Poste restante, le courrier
Mettre de l’ordre dans
Les filaments d’algues déchiquetées.
Codex lacunaire
La vitre, la nuit, son
Cadre de bois. Ton haleine
En brume d’argent
La photo se voile
Brouille la lame de verre, rimmel
De condensation
À mon arrière grand-père, tailleur de pierre
Enfant, avec cubes de bois
D’un puzzle
Homme, tu équarris la pierre
Tu fais pousser des arêtes sur son noyau
Tablier de cuir, la percussion du rognon
L’os de cerf, tu grattes des lamelles Levallois,
Poire d’un silex
Le même édifice
Fond blanc, tu rêves, sur
Un drap tendu, de la neige,
Papillon harfang

Jusqu’à plus d’heure, le
Temps s’en va, ni jour, ni nuit,
Tu auras veillé
Ton corps a les pieds
Sur terre, et t’entraîne dans son
Sillage. Tu t’endors
Tête de brontosaure
Par la vitre de la cuisine,
Mâchouille un sapin
Sesterces, ammonites,
Remontent du fond des labours
Le grain de certains
Souvenirs , en oeufs de dinosaure
Plastron blanc, le reste
Est gris, Oncle Ho le chat
Lape son lait, je capte
À la radio le moment-scie d’une chanson, joyeux