ce que vos yeux vairons

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Zao Wou-Ki, « L’espace est silence »

Un coup d’éponge, appuyé.
En essuie-glace, en biscuit-éventail, avec ses stries parallèles
Un coup d’éponge, fixe
Les trous de l’éponge, en constellation, marc de passoire
Des coulures, en dents de peigne
Des paquets de naphte, comme des aphtes noirs à la commissure d’une lèvre
Un rai de soleil tombe, droit, du plafond de l’aula, jusque sur la toile, raie de côté, ligne blanche de la lumière, qui trace une route sur le canevas, et s’éteint, un nuage d’hiver l’efface
Je m’éloigne, à petits pas
Devant le tableau, de loin
Tout cela s’assemble
Les grands gestes, les éclaboussures, les points

Dans la salle des encres
Un mur blanc, comme un pan de neige, où transpire un paysage
J’y vois, Rorschach, l’étang, un horizon haut, une nappe d’eau blanche, un collier d’arbres, en grains de chapelet

Dans le train bondé, vapeur des visages, conversations en buée
Je rentre chez moi
J’égrène le chapelet

Schatzzao

Ô, je ne sais pas
Quoi, quelque chose. La chouette
D’or de son trésor

De 3 à 2, dimensions

Grandes fleurs de
Papier, épanouies à
Plat, sur canevas

Inversion de la poussée

Aujourd’hui, dans le sens contraire des aiguilles de l’étang, comme un gardien de musée qui change le sens de sa tournée, je marche, sur la toile verte d’un pré, anamorphose étonnée, l’oeil d’une vache pie qui paît, ce matin, le train ne vient pas du bon côté.

Hier, au soir

Je regarde, d’un rouge sang qui coagule, le soleil à son couchant ?, les tropiques, trop loin, et la mer, aussi, qui recueillerait, ici, cette paraison, et ses bouillons, au moment de fondre, pour la nuit, dans des flots fumants.
Ici, sur un mur, une lithographie, pour seul astre, je la touche, Zao Wou-Ki, mon doigt, mes yeux, je prends feu.

Nabi

Nous faisions, enfants, des motifs au tampon, indiennes à la pomme de terre, répétition de sections carrées en pointillé, bleues, vertes, avec des bavures de frites crues, sur de grandes affiches, qui finissaient par gondoler, les verres d’eau se renversent sur le papier, une marine, l’étang aujourd’hui aussi est froissé, un vent léger, je le repasse d’un revers de la main, poudre d’amidon.

Premier lé

Je m’assois au bord.
J’attends.
A ma droite, entrant dans le cadre de l’étang, un pinceau, un grèbe huppé, son zigzagzao.

Autour de l’étang, segment 13

Je me vois oiseau
Au fond de ses yeux, une plume,
Et je deviens aile.