Noir et blanc
par marronbleu
Dans le tiroir du haut du vertico.
Dans le désordre des photos.
L’homme est beau.
Une de ces beautés argentines, la gomina des cheveux des danseurs de tango.
La ceinture de son imperméable, qui le sangle, serré.
Il est de trois-quarts, le regard de côté.
Les mains au fond des poches, il regarde quelque chose, ou peut-être quelqu’un, que je ne verrai jamais.
La photo est craquelée, sur ses contours, les dents de carton sont usées.
Qui pour me dire, pour lire sous les rides de la photo froissée, le nom de l’homme.
C’était il y a soixante dix-ans, c’est écrit au dos.
Il n’y a plus personne.
Ma grand-mère n’est plus là.
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