Souriez
par marronbleu
Dans la cour, sous la treille aux raisins acides, un baquet en zinc, qui chauffe tout l’après-midi, un fond marin de fer blanc, où miroite le soleil, et des ombres de feuille de vigne, le corail noir d’une ou deux mouches, ma grand-mère ne va pas tarder à arriver, pour nous mettre à l’eau, mon frère et moi, dans le baquet étroit, j’entends son pas, je ne la vois pas, sur la photo aux bords dentelés, elle doit avoir été happée là, dans ce no man’s land en noir et blanc, sous ma langue, une boule verte, acide comme de la rhubarbe, que le temps n’a pas adoucie, je fais la grimace.