Les empreintes

par marronbleu

Infini tapis de soie fossile ramené d’Italie, le trésor d’une maison, l’été.
Terrazzo usé jusqu’à la corde, lessive des années à grande eau, sa lisse mais dure, mais douce, mes pieds le cherchent, ils ne me demandent pas.
Ils me mènent là, dans l’embrasure de la fenêtre, voir au loin la poussière de blé sur les champs, la balle qui vole, on moissonne, je ne vois rien d’autre que ce nuage en suspension, ni tracteur, ni rien, pas de bruit, et mes pieds, au frais, dans ce carré d’ombre, où le soleil jamais ne paraît.
Je marche sur un bout de voûte céleste effondrée, ciel étoilé, je godille, la marelle entre le quartz et le mica, fraîcheur de fontaine dans la maison, le calme.