Kleinigkeit

par marronbleu

Tout m’est sanctuaire, quand il s’agit de vous, mes pluriels, mon singulier
Une enveloppe vide, sans étrennes, mais il y a l’écriture de mon père, qui penche toujours, comme un peuplier sous le vent
Ces photos où je ne reconnais pas mes grands-parents, ils étaient jeunes, comme jamais
Ces livres en caisse, ces bibelots précieux et dérisoires, où toute la moelle de ma mémoire s’est réfugiée
Tout ce dont je suis avare jusqu’au péché, qui ne vaudra kopeck, après, je conjure le sort comme une vieille gitane, je ne finis pas la phrase, après reste en suspens, suspendu comme ces gouttes d’eau défiant la gravité, sur ces photos au ralenti.
L’après, je l’ai vu, le coeur serré, un après-midi de vide-grenier, une paire de vieilles chaussures, oh, pas une de ces antiquités, une paire de chaussures vieilles, de dame âgée.
Tout à côté, posé, un petit tableau creux, une couronne de fleurs en plastique, et une mèche de vrais cheveux.