ce que vos yeux vairons

Mois : août, 2021

Les vingt-six phalanges du saint dans le reliquaire, 4

Pierre de Rosette

Avec leur couvercle en chapeau chinois,
Très haut, dernier étage du vaisselier,
Quasiment sous les brumes,
Les cimes du plafond,
Les deux pots, de part et d’autre,
Colonnes du temple,
Piliers de la sagesse,
Rouleaux à prière, immobiles,
Collés par le baume d’antiquaire,
Leurs inscriptions enguirlandées
À des années-lumière
De ma paire d’yeux,
De juvénile
De sept ans,
Vinca Minor,
Ext Ruscus Ac,
Je suis Tintin,
Dans la jungle du salon des parents.
Dans son Riviera,
Il est toujours là,
L’obstacle-cachette-à-découper-à-la-machette,
Le luxuriant caoutchouc,
Maman, à la main verte,
Le latin n’est plus une langue morte à déchiffrer,
Végétation sage dans le salon,
Ses proportions, à ma hauteur,
Champollion a ouvert son Gaffiot

Les vingt-six phalanges du saint dans le reliquaire, 3

Éléments du temps présent
Lèse-majesté, un nuage en écran
Devant le soleil,
Ce qui reste de lui
Vaporisée
En arrière-plan
De l’eau de pluie

Les vingt-six phalanges du saint dans le reliquaire, 2

Dans le répertoire de Frédéric Mops

Le destin de  quelques lettres,
Morigène,
Une chiourme enchaînée,
Ce grain de sable sans visage,
Enfoui parmi la multitude,
L’oubliette sans retour d’une dune,
Qui prononcera,
Ce mot,
Aujourd’hui,
Madame de Réan,
In petto,
Oui-da,
Mais à haute voix ?

Les vingt-six phalanges du saint dans le reliquaire, 1

L’affiche mystérieuse

L’expression, les contorsions
Du mime Thermogène,
Qui, le nuage,
Qu’il porte sur le haut
De son coeur ?

Été

Rediffusion du
Feuilleton, en vedette, Jean
Pourri, marronnier

La nuit va tomber

Météo marine, ou comment être complètement à l’ouest

Pour le soleil,
Extraire un plateau
D’étain
D’une nature morte,
Tu es au Jutland.
Au bout de la rue,
Le bruit avantageux
D’un V8,
C’est rare ici,
La mer,
Aussi,
Comptine

Outré

Ici, les excès de l’eau
Midas
Sur les plants de tomate
Au cul noir,
L’ombre d’un pot pourri
Leurs peaux,
Qui crevassent.
Là-bas,
La terre se craquèle
Sèche,
Raku triste
Au feu.
Comment jouer encore
Les entremetteurs,
Entre les éléments ?
Les brasiers lèchent
Les larmes,
Les torrents furieux
Traversent les naseaux
Des animaux,
Les emportent,
Tirent sur les anneaux.
Et les écumes,
Grises, blondes,
Noires,
Écheveaux d’algues,
Les cheveux,
Brassés
Par les rouleaux.
Chi-fou-mi !
Que l’eau éteigne les feux !
Rosée sur les visages
De grès flammé,
Prière,
Avec intention.

Givre

Trouble dans l’arbre
Creux,
L’eau, et le soir
Y
Assoient leur nid

Au désert

Sous les pas de l’enfant,
Qui joue au pharaon,
À l’ombre de son pyramidion,
Des millions d’années
De sable.
La mère de son jouet,
Enfouie,
Sous quel naufrage.
En haut,
Il n’y a plus d’eau,
Plus d’homme,
Nil, nihil,
Le sable,
Tombeau du tombeau
D’un roi
Infertile,
Quintessence,
De la poussière,