06/04/2023
Crois qui tu veux
Crois ce que tu veux crois ce
Que tu vois. Ou pas
Ton droit
Crois qui tu veux
Crois ce que tu veux crois ce
Que tu vois. Ou pas
Ton droit
Aujourd’hui
Sera sa nuit
De Forêt Noire
Le vide endormi,
L’affût
Des bêtes féroces
Je pense aussi
À ce papier plié
À l’infini
Et dont la fleur
S’ouvre la nuit,
Le tablier blanc
Où Babette s’essuie,
Assise en cuisine.
Elle a tout donné,
Lasse
Son billet de loterie
Contre sa bonne fortune,
L’assemblée des convives
Aux joues rosies,
Comme le rang
De printemps
Des tulipes
Je pense aussi
À ce rouleau tiède
Et doux,
Parchemin de coton
Qui parfume sans un mot
Les lèvres et les doigts,
Restaurant d’extrême-orient
Tout le monde a
Une Loty
Butter Cookies
Ronde boîte
De métal
On y range
Des biscuits de Noël
Lorsqu’elle est vide,
Coal is history, Miss Mullins,
A blue beetle,
L’histoire de nos gens,
Les boulons jetés
Dans la direction,
Un petit pan de mur jaune,
La grand roue
Du chevalement
Qui n’emporte personne
Haut,
Les jardins du Prater
Sont à Vienne,
Les vieux aux premiers beaux jours
Tondent le gazon
Gras
Jeeves rappelle à mon père,
Ne pas tailler les haies,
Les oiseaux y nichent au printemps
L’agneau de Pâques,
Débat autour du Lamala,
Génoise,
Kougelhopf,
La pâte.
Des deux côtés
Du col de Saverne,
Il sera sacrifié
Au café,
Cher pays,
Finest quality
Hand selected
En Forêt Noire
Il est disposé
Loin de tout
En contrebas
Dans l’ombre
Noyé dans le bruit du torrent
Vigiles sont les taons silencieux
Qui mordent
La peau,
Protègent
Le précieux,
Le tas qui fume
Je descends
Avec le seau,
Les coquilles cassées d’œuf blanc
Le filtre à café
Les gants de soudeur
Le hoodie pour la capuche anti-taon,
Je soulève le couvercle,
Tire le drap sur un lombric
Qui s’étire
Et jette
Mes épluchures
Que fais-je d’autre
Quand j’écris
Les mains sont noires
Dans le cambouis,
Les vers ondulent
Roses colliers annelés
Dans la fabrique
À compost
Le terrain pentu est
Glissant de rosée
Au matin.
Mais je remonte
À grandes enjambées,
Tant que les taons
Encore somnolent
Là-haut,
Je passe le buisson d’origan,
Un papillon sèche,
Rentre de son poste
De nuit
Appliquée
À l’endroit
Où l’on tourne
Parfois
Le cadran
De la montre-bracelet,
À l’intérieur du poignet,
Infime.
D’abord noire,
Puis elle s’est perdue
Dans le delta
Des veines
Bleu-gris,
Village de Nubie,
L’ankh
Au tracé
Qui ne dure.
Revenue au pays,
Lorsque j’ai voulu
Consulter l’heure,
Il n’y avait plus rien
D’écrit.
Le coquillage
S’est enfoui.
À fleur de peau