04/04/2023

par marronbleu

En Forêt Noire

Il est disposé
Loin de tout
En contrebas
Dans l’ombre
Noyé dans le bruit du torrent
Vigiles sont les taons silencieux
Qui mordent
La peau,
Protègent
Le précieux,
Le tas qui fume
Je descends
Avec le seau,
Les coquilles cassées d’œuf blanc
Le filtre à café
Les gants de soudeur
Le hoodie pour la capuche anti-taon,
Je soulève le couvercle,
Tire le drap sur un lombric
Qui s’étire
Et jette
Mes épluchures
Que fais-je d’autre
Quand j’écris
Les mains sont noires
Dans le cambouis,
Les vers ondulent
Roses colliers annelés
Dans la fabrique
À compost
Le terrain pentu est
Glissant de rosée
Au matin.
Mais je remonte
À grandes enjambées,
Tant que les taons
Encore somnolent
Là-haut,
Je passe le buisson d’origan,
Un papillon sèche,
Rentre de son poste
De nuit