ce que vos yeux vairons

À la naissance

Naissance, nid d’oiseau

Les brodequins

Un feu d’artifice

De cibles de cartons qui se dressent

Comme des diables de leur boîte.

L’apprentissage est long.

Les cibles fauchent les lièvres

Plus que ne le font les munitions à blanc,

Orgueil,

Vanité

Le champ de tir

Est le désordre,

Fuligineuse brume

Qui désoriente,

Les voix enchanteresses

Ne te semblent

Pas encore de fusain et  bistre,

Cernent de khôl tes zones d’ombre

Et le train fantôme quitte le quai,

Tu cours

Choisis le confort

De la classe molle,

Nasse des toiles d’araignée

Qui bandelettent ton visage,

Tu ne le sais pas,

Coupe à  la main,

Bandeau sur la frange,

Enivrée de doucereuse jusquiame,

Mais tu es dans l’arène,

Crevant côté soleil,

Cheval claudiquant

Dans toutes les muletas,

Les yeux brûlés,

Tu ne le vois pas,

Le miura,

Jeeves

Le taureau de combat,

Qui fait écran

Pour toi,

Te console du pire,

Lorsque tu tournes

La tête

Vers ton échine

Qui ne brille

Que de sueur,

Tu n’es pas faite pour la banderille,

Porte qui tu es,

Là est ton poids.

Je relis

Norstein,

Le hérisson dans le brouillard

Jeeves,

Fil d’Ariane