ce que vos yeux vairons

Catégorie: cantus firmus

Breathless

Souffler sur la glace,

Chasser le superflu,

Tombent du gâteau

Les mots

De sucre en trop.

Arracher

Les plantes d’ornement.

Laisser pousser

Les rimes simples

Des mauvaises herbes,

Le refrain azyme

Du pain d’un pauvre,

De la gaufre en miettes

D’une hostie.

La nuit, le ciel

Bleu de chauffe troué,

Des étincelles ont laissé

S’écrire une empreinte.

Attendre

Je suis
la plainte
Débile
De la plante
Qui s’étiole,
Son champ
Pauvre,
Son sang
Qui se perd
Et rince
Les labours
Où plus
Rien
Ne poussera
Avant
L’hiver.

Sans plan de vol

Sans autre carte que les poinçons des étoiles trouant le ciel, se fier à leurs déviations, Hedda fixa l’horizon encore noir, comme on lirait le braille d’un marc de café. Elle connaissait la route, les nuages comme autant de pierres en écueil. L’ivresse de la poussée quand elle quitterait le sol. Puis le calme.
La concentration.

Ostinato

Les bruits chantés, le
Sceau de l’été, le soleil
Gracie les fausses notes.

Leçon de musique

Promettez-moi,

Lorsque tout cela

Ne sera plus un jeu,

Quand vous ne rirez plus

Et grimacerez

De mes fautes,

Quand la coquetterie

De la discordance

Se fera verrue,

Et que l’enjeu

Du sérieux

Fera entendre

La basse sourde

De sa voix,

Que vous me direz

Encore que vous n’avez

Pas oublié combien

Le grain incertain

De mes cordes

Un jour aura pu

Vous troubler.

Direction d’orchestre

Silencieux concile

Où il ne se murmure

Rien, les prélats

Immobiles, gris

En la pourpre

De leur chasuble,

Chapitre muet

Qui fixe

Du vide

De ses yeux

Un pupitre

Déserté.

Concerto delle donne

Leurs voix

En fuseau

Qui

Entrelacent

La soie

De leur

Fil,

Dont

Elles

Jouent

De noeuds

En tresses,

Balancier

Lent

De

L’ornement

Qui

Pendule

De l’autre

A

L’une,

Comme

Le ballon

Que

Les enfants

Sans cesse

Se passent.

Jusqu’à

La chute.

A la coda.