ce que vos yeux vairons

Catégorie: cantus firmus

Demeure

Teresa non nonna
Elle lave les corps
Cheveux crantés malgré le chignon
Vaguent en bandeaux,
Astrakan noir autour de sa tête
Elle les vêt
Outrepasse
Dévêt les lapins
De leur pelisse
Elle passe la chaîne tendue
La rue est condamnée
Gasse,
Elle paie l’octroi
Rallume les intouchables foyers
Se prosterne devant les autels
Elle aime Dieu
Cette boule à facettes rutilante
Les chants l’encens les lys à Marie en mai Mohn noir pâte blanche du Kuchen,
Semblables aux strates byzantines
De Leur temple consumé
Les chants qui poignent le coeur en latin taillé sur mesure
Rayonnant ciboire enlevé jusqu’aux
Vitraux qui lâche parfois l’arc~en~ciel d’un phylactère,
Regard à la dérobée,
Le corps en grande révérence pêche un peu, capte le voile coloré,
Immatériel chrême qui auréole
De lumière la tête de l’officiant,
Mémé passe l’usoir au fumier
L’église et ses absidioles centonisées est juste en face de chez elle


Roche Honneur

Ding, cloche argentine
Sainte~Ségolène égrène la bonne heure
Au premier battement,
Un claquement de mains.
Classe
Le professeur est un maître

In memoriam, Christian-Jacques Demollière

Dehors

De la douleur

À la dousoeur

Un mot familier

 

 

 

 

Lamento

Sur une plinthe de la paroi, tout bas, la membrane d’une cochlée, spirale de pierre gravée, un ricochet sur l’eau, sa succession de cercles concentriques, suspendus à jamais, je passe mon doigt sur l’hélice, de la cicatrice, jusque sous le sillon de mon ongle, je sens s’enrouler les anneaux d’un plain-chant, sa gravure noire, matrice indélébile, bouche fermée.
J’écoute, in petto.

L.E.M., module 6 for sun

Le soleil fait la
Chaise longue sur ma peau,
Son heure, chilienne.

« Parallaxe », sourire

Jpeg

Jpeg

Autour de l’étang, segment 14

Une motte de terre dans
La flaque de pluie, pralin de
Boue au bout des pieds.

« Journal d’un homme heureux »

Se pencher sur soi comme sur une battée, et voir, le coeur battant, briller parmi le sable, les grains grossiers dont nous ferons notre or.

Sur les toits d’Apamée

Les tourterelles, cerfs-
Volants, sans autre fil que
Le ciel et le vent

Sentir bon

Mettre aujourd’hui son

Plus bel habit, sillage

Rouge d’un hommage.