ce que vos yeux vairons

Catégorie: comptine

Été

Rediffusion du
Feuilleton, en vedette, Jean
Pourri, marronnier

Entre la route et le caniveau

Une voiture,
À toute allure,
Roule dans une flaque
En un instant
Se déploie
L’éventail
De gouttelettes
D’une aile
D’oiseau transparent
Eau de Roche,
Qui retombe
En pluie
Aussitôt,
Azur sur le bitume
Irisé,
Le soleil,
Dans une tache
D’huile,
Fleur de tiaré
Rosée
Du benzène

Tourterelles

Une rangée d’épis
Faîtiers serrés sur le toit
De la maison
Qui roucoule
Qui roucoulent

Vacances

Tu va faire un tour
Sur la Terre, le chat, un tour
Sur soi, au moment
D’enrouler son corps
Dans le panier,
Rêve d’osier

Mais, le Défenseur du temps

Tu consultes ta
Carte d’identité.
Tu la déplies,
En te demandant,
Si depuis le temps,
Les choses ont changé,
Des collines arasées,
Une autoroute aux champs,
Là, une ville nouvelle,
Comme un bouton d’acné,
Tu comptes surtout
Les couches de pelure
D’oignon, qui s’amoncellent,
Un cerne de plus.
Elle fait les comptes
À la minute près,
La photo en haut,
Dans le petit carré

Eux, muets

Tu, monologue,
Tu lâches un pigeon,
Qui file droit,
Ne connaît pas la boucle,
Encore une pièce,
Dans le bandit manchot,
Tu secoues la machine,
Tu as aligné les trois cerises,
Mais elles restent accrochées

Amniotique

Ni mouche, pluie fine, ni
Rotofil, leurs nuages de
Phrases vibrionnantes
Tenus à distance,
Monde ouaté, sous
L’écume qui crépite,
Bain moussant

Buren, laveur de carreaux

Aérostier de
Son seul panier d’osier qui
Limace le long
Des fenêtres, traces
Claires, traces de
Réglisse
L’escargot

Sonntag

L’aria mue, la mouche,
En récital, le Rotofil
S’est tu, die Ordnung
Ne pas faire d’ombre
Au soleil

Si j’étais Thomas Pesquet

Par la bulle de mon
Hublot-écran-de-télé,
Je regarderais,
Au théâtre de
Ce soir, non pas Les Feux de
L’Amour, mais de la
Saint-Jean,
Les bûchers brûler,
Société Anonyme,
Soleils de nuit