ce que vos yeux vairons

Catégorie: comptine

Mais, le Défenseur du temps

Tu consultes ta
Carte d’identité.
Tu la déplies,
En te demandant,
Si depuis le temps,
Les choses ont changé,
Des collines arasées,
Une autoroute aux champs,
Là, une ville nouvelle,
Comme un bouton d’acné,
Tu comptes surtout
Les couches de pelure
D’oignon, qui s’amoncellent,
Un cerne de plus.
Elle fait les comptes
À la minute près,
La photo en haut,
Dans le petit carré

Eux, muets

Tu, monologue,
Tu lâches un pigeon,
Qui file droit,
Ne connaît pas la boucle,
Encore une pièce,
Dans le bandit manchot,
Tu secoues la machine,
Tu as aligné les trois cerises,
Mais elles restent accrochées

Amniotique

Ni mouche, pluie fine, ni
Rotofil, leurs nuages de
Phrases vibrionnantes
Tenus à distance,
Monde ouaté, sous
L’écume qui crépite,
Bain moussant

Buren, laveur de carreaux

Aérostier de
Son seul panier d’osier qui
Limace le long
Des fenêtres, traces
Claires, traces de
Réglisse
L’escargot

Sonntag

L’aria mue, la mouche,
En récital, le Rotofil
S’est tu, die Ordnung
Ne pas faire d’ombre
Au soleil

Si j’étais Thomas Pesquet

Par la bulle de mon
Hublot-écran-de-télé,
Je regarderais,
Au théâtre de
Ce soir, non pas Les Feux de
L’Amour, mais de la
Saint-Jean,
Les bûchers brûler,
Société Anonyme,
Soleils de nuit

Le soleil se lève sur la lune

L’oiseau chante dans
Le vide, un volet se lève.
Quelqu’un lit sur ses
Lèvres, prend note
De sa mélodie

Aux grands maux, les grands remèdes

Pas de volant, ni
De sequin, la jupe-crayon,
Crayon Ikea,
« Ça veut dire quoi, hhum ? »
La boule ne répond pas. Elle
Contemple son Dell,
Qui cartomancie,
Lui, en suédois

Lapidaire

Lave facettée
L’hiver l’a saisie, pose
Sur ses lèvres
La cyanose
D’un baiser

Miniature minuscule

De loin, on dirait
Un trait noir. De près aussi.
Comme un fait exprès