ce que vos yeux vairons

Catégorie: dehors

Gros titres

Par la fenêtre, deux visions de jardins

L’un est la fraîcheur même, sous le soleil le plus ardent,

Le gros buisson aux feuilles intensément vertes promène ses fleurs violettes en eaux libres

Plus haut, en biais, le même soleil brûle un paillis de cailloux blancs, un gazon d’os, de lait de chaux caillé, d’où percent  ainsi que d’une collerette elisabéthaine, des plantes à clous, un concile d’épines, taillé en boule, des veuves décolorées, même la terre ne fait plus aucun effort pour elles

Le long de la paille

II ne ressemble à
Rien, sur fond blanc. Transparent,
Le verre. Il verdit
Soudain. En ses eaux,
Un gazon glacé,
Et ses nonpareilles, des bulles,
Dans le sirop frais
Du diabolo,
Baume de la menthe,
Sur les lèvres gercées,
La bouche est fontaine,
La mousse du cresson

Mise en lumière, nuit

Il n’y eut pas
Au soir,
De ces ciels étoilés,
Que l’on ne trouve
Que dans les hauteurs, à l’air rare et limpide,
Nuit de Dalmatie,
Au champ de marguerites
En suspension au-dessus des têtes,
En Pentecôte,
Carreaux d’arbalète des Perséides,
Qui troublent un instant,
L’ordonnancement des fleurs.
Mais dans la douceur,
Une constellation inédite tombée
Sur terre,
L’assemblée des yeux brillants,
L’escarboucle
Des coeurs affleurant
Sous la peau
En transparence,
Le pulsar d’un point rose,
Bouton de nénuphar,
Palpitant,
Et le partage du vin,
Son or sur les lèvres,
Cerise sur les joues,
Vermeil

Les impassibles

Leurs tiges croisées,
Dans la transparence de
L’eau. Vois, tout se tient
Il n’y a pas de
Vase, mais une haie d’épines
Tressées en couronne,
Comme l’on dresse au fond
Des mines,
Des piles de soutainement

À la belle étoile

Il te pousse des nattes
Noirs un feu de bois
Derrière l’oreille, une rose se
Lève comme un soleil
On te parle de
La nuit et du beau temps,
Les deux saisons d’un
Rêve de gitan

Des îles sous le vent

Tant, sans traits, derrière
Le barreaudage de leur
Drap bleu. Tu couds le
Tien au point de jour,
Respirer, et voir,
Judas, fil de vers.
Tu ne manques pas d’air
D’oser dire cela

La plage

Ils flottent, Benjamin
Dans Le Lauréat
, mer, rouge,
Orgue de Barbarie

La statue a froid

S’enroulent autour de
Son cou les anneaux de plume
D’un boa. Moineaux

À l’air libre

Entre les barreaux,
L’espace d’une tranche de main,
Le dos d’un livre

Gaz d’échappement

La porte s’ouvre
Le bureau se vide, par le
Siphon, poisson, libre