ce que vos yeux vairons

Catégorie: écriture

La maison du corsaire

Loin, le perron. La maison est un point gris
Sur une ligne bleuissante, la mer en horizon,
Ou sont-ce déjà les nuages, l’ombilic de l’allée,
Dans l’ombre des arbres-à-noix, je t’en conjure,
Ne prononce pas le mot, une vague venue de nulle part
Pourrait t’emporter, nourrir sa vouivre.
Ici, l’entrée, la terre, plus tout à fait, le divan de pierre
En demi-lune, et sa fontaine arrêtée, des flots de lierre,
Sur l’assise usée, j’attends, dans mon flacon de verre,
Une goélette de papier, des embruns de coton,
Des cris de mouette, qui fuient par le goulot,
Un parchemin réduit à sa plus simple expression, mon truchement,
Poésie-Jivaro, écoute, c’est tout petit
Sur le divan de pierre, assise, j’attends

Sous ses veines

Jpeg

Baume du tigre sur les tempes

Glutamate, mal de
Tête chinois du lecteur
D’estampes, les yeux las

Saint Martin en Smalto

Le mendiant quitte le
Parvis en trois pièces, le fol,
S’adosse à sa place

Feux d’artifice

Cheveux en rayons
D’une Vénitienne, séchant
Note de tête

Lecture, dans les nervures

Tu sens
Le froid, la fumée, la buée sur le pull
Le cuir de feuilles mouillées
On en fait des chaussures, qui sentent le souterrain, le champignon, l’aven dans l’obscurité
Les feuilles brûlent, et il pleut, panache du banya,
Des odeurs, des sous-odeurs, dans les volutes s’entassent du brin de tabac de fond de poche
Du cornet de papier que consume un marron noirci
De la pierre gréseuse, le vent qui tournoie et use les arêtes des blocs rouges de la cathédrale
Une gargouille pisse, rêveuse, dans le col relevé d’un passant, qui s’ébroue
Ça ne sent pas le chien mouillé, mais le cerf, violemment,
La harde autour de la mare, la prêle, l’eau dormante, corrompue de plumes, d’os, mais rien ne pue,
L’air balance les palmes des fougères, les premiers cristaux du givre
Sens-tu

Oignon de tulipe

Monnaie qui n’a plus
Cours, billet d’un corme, liard rouge,
Pivoines, dans la poche

Assembleur au plan

Proésie, mon seul organe à jour,
À contre-jour, deux jambes, les bras, la main qui écrit,
L’autre en reposoir, quand la tête penche, lourde,
Deux cercles, quatre traits noirs, au bout de l’un, un index-à-taper-sur-le-clavier, la bouche est amovible, subsidiaire, un bonhomme de neige gelée, de neige qui fond, de neige fondue, les yeux au charbon tombent, états de la matière
Retiens cela, cette succession,
Carte d’identité avec photo vague
Bonhomme de neige à tort et à travers, fers à bétonner dans les chairs, ombre de l’eau projetée, puzzlée comme un verre qui se brise

Conjectures

Tuer le temps. Mais avant, se demander
S’il se laissera faire. Son cadavre,
L’Éternité, l’embaumer, le faire durer,
Tenir sa petite main emmaillotée,
Jusqu’à ce qu’il ne se réveille pas,
Tout, et vide
Tu n’as rien lu
Le poème n’existe pas, plus

Sens unique

La peau est aride,
La peau, ce qui recouvre
Une main. Pour toucher