ce que vos yeux vairons

Catégorie: écriture

Herbstreise

Ainsi qu’au signal imperceptible auquel
Répond irrésistiblement chaque poisson du banc
Qui ne forme plus qu’un corps dilaté,
Nasse où se meuvent, à sens unique,
Une myriade de fuseaux argentés,
Ces ailes multicolores, sur le quai de la gare,
Celles de mouettes, qui à l’ultime coup de sifflet
Étirent, en un geste unique, leurs bras, écarquillent leurs mains
« Bon voyage ! » langage des signes, l’entre-les-lignes
D’un « Je ne t’oublie pas »

Irréversible

Ruban à une face
Rendre sa liberté à
Celui du verso

Ni rouge, ni pivoine

Jpeg

Il fait nuit, et la pivoine

Jpeg

La pivoine

Jpeg

Coup de soleil

Calcination de
L’oiseau en corbeau, matière
Noire, et volatile

Érable

Une spirale, dans l’écorce de l’arbre
Une vis, un caducée, un jonc d’or en hélice, le long d’un bras orné
Un escalier, dont les marches filetées s’enroulent dans l’aubier clair
Venue de nulle part, l’eau sucrée, son ploc-ploc dans le petit seau,
Accroché sur le côté, un éclat zingué, le soleil luit, entre miel et ambre
Revenir
Attendre
Le vénérable emplit le petit pot peu à peu
Le soleil a viré, la sève s’ombre
Mais, les yeux fermés, le goût n’a pas changé

Koumi

Tu es, steppe sans fin, et le vent transparent
Je cours le long de tes chevaux, les dépasse et reviens
Par les épaules, les miens-aimés, nous tournoyons, nous nous abattons sur l’herbe. Rosée
Tu es, poème, vase-canope, ton couvercle est fait de nuit étoilée,
Où se tiennent serrés, et vivants, l’assemblée des coeurs,
Tous mes vivants, leur sève, qui n’a pas le temps de sécher

Crase

Pendu à un clou,
Sève vers le bas, vert, un
Bouquet d’herbes, séchant

Séchées. Autour du
Gnomon, le coeur transpercé,
Couronne d’une carline

La houle

Jpeg