Et Alfred Deller
Jeu du pas d’erreur
J’écoute « Nothing else matters »
Thé, ou Nescafé
Jeu du pas d’erreur
J’écoute « Nothing else matters »
Thé, ou Nescafé
La lumière d’or passe
De la chambre à dehors
Le soleil se lève
Lampe de chevet
Cône de lumière ginkgo
Arbre de chevet
Dans le vase sans
Eau. J’attends que la branche
D’alkékenge sèche
Tout un monde de petites portes en carton
De carrés creux à la Mondrian
Calendrier de l’avent, Schablone,
Pochoir, dont la découpe des fenêtres
Repose sur moi, un corps aux compartiments,
Un doigt, la voix, un ongle transparent,
C’est rose en dessous, presque la couleur du sang
Je ne bouge pas, là, Rorschach, une vertèbre-papillon,
Qui s’enfonce, noir et blanc, Trauermantel voletant,
Dans la futaie, les bois sont à deux pas, une, deux
Portières de papier, et tu y es
Et puis plus bas, recouverte d’un champ vert,
La fenêtre qui mène au coeur, gras de ceux que j’aime
Gros de ceux que je n’ai pas aimés
Ne la laisse pas trop longtemps ouverte,
Que nul ne s’écoule hors de moi,
Ceux qui te saluent, joyeux, les rideaux sont tirés,
Et les autres,
Ceux dont les volets demeurent clos, silencieux
Forêt-Faria, qui
Compte les pas du reclus,
Cellule, ville ouverte
La part de l’eau, du sable ? de ce marc blond
Dont les enfants du bord des mers font un ciment,
S’élèvent les murs de leurs donjons, à la lisière,
Les douves déjà s’envasent et se défont
Ce qui était dur comme de la pierre, les fondations,
Les moellons s’égrainent, et fondent, emportant dans la débâcle, colombages de kelp, les fresques de coquillage
Ce qui reste des enfants, l’empreinte de leurs pas
Tournés vers les dunes, et les maisons, dont les baies s’éclairent une à une.
La nuit est là maintenant, qui tombe de tout son poids sur tout, ruines du jour,
Les enfants grandissent, inlassablement
Demain est un château, il repoussera
L’homme perd peu à peu
Ses sépultures, il s’efface
Du coeur des vivants
Poème si réduit,
Cage, tout compte, jusqu’au creux
De l’interligne
La bouche est noire, de la brique réfractaire, un creuset, et son goudron, qui la culotte, des mots, ne reste qu’un tanin, cette part indélébile d’eux que le feu n’aura su réduire