ce que vos yeux vairons

Catégorie: écriture

Ensemblier

Des années de lierre, de troncs, rongés par la mousse,
De clairs-obscurs, et de clairières, forêt, où pousse
Un jardin magique, l’architecte choisit
Ses éboulis, y élève sa fabrique,
Mirage de colonnettes, de cours d’eau sauvage,
La tige d’un fer à béton pousse du coffrage,

Alors, pour plus de
Vérité, la scène au
Montage couper

De quoi je me mêle

J’entre, dans l’eau, du tableau de John Lurie
Je sors ailleurs, un pas de côté
Le dessin a ici un goût vert, d’herbe, et d’ombre
Caboter, les cadres ouvrent leurs bras, sur des anses colorées
En revenir est facile, détourner le regard « ça ne te regarde pas » et tout s’efface.

Transfert de la matière

L’épine, un pépin
J’épépine, branche d’aubépine,
Mes doigts deviennent roses

Après tout

Avant tout, avant
Qu’elle ne fleurisse, la rose est
Un bâton d’épines

Dunes

Fléoles et fétuques
Le vent sur le pré, et son
Air, de bord de mer

Rock’n k roll

Collision de deux
Aimants. La science de plein fouet
Avec la fiction

Dissemblables

Tu me considères
Comme un extrême-orient
Définitivement, étrangère

Bruit

J’imprime une indienne
Au tampon, motif, après
Motif. Puis, un blanc

Veto

Ce chien, à la tête prise dans le plastique d’une collerette, comme une grosse marguerite.
Ne se lèche, ni n’aboie, il ne voit rien.
Je tâte ma tête, à la hâte, geste réflexe, en miroir.
Mes doigts ne rencontrent rien.
Rien qui ne se voit

Rupture du rythme

Sous le lé de papier, elle a poussé, minuscule, île volcanique, entre deux rangs de motifs, exactement juxtaposés.
La crever ? bulle d’air, rétablir la symétrie, comme on redresse un tableau qui penche, et donne le tournis.
L’ordre des choses.
Je la conserve, au secret de la tapisserie, infime Homme Vert, pour ce qu’au mur lisse, incongrue, elle continue d’intimer le relief.