ce que vos yeux vairons

Catégorie: écriture

Re-de-nouveau

Sang de limule, le ciel, ce matin, un bleu barbare,  le soir, patricien,  sillage rosé, veines du porphyre, un nuage, puis un autre, hémo-cloisonnés,  fièvre légère sur le soleil,  la brume dilue dans la nuit les contours de la sanguine, et demain, sang pour cyan, le ciel, pirogue à balancier.

Ce matin, dans le lointain,  le ciel, bleu barbare.

35 août

Pi, porte torii
Posée sur l’eau, trois traits noirs
Sont calligraphie.

34 août

Le calendrier a un grain, un grain de beauté, protubérance des jours, qui prorogent l’été, août s’étire, comme un ruban de guimauve, septembre, casaque colchique, peut attendre.

33 août

Une fleur sans tige s’est échappée d’un vase, métamorphose du papillon en Papillon.

La pente

Bientôt, la lumière s’affadira, bientôt, les ocres, les curcuma, lourde toge du mois d’août, se disperseront sur les arbres, une bruine d’or, au verger, déjà, les fruits embrasent leur cire sur les branches de hauts chandeliers, et fondent. Une pomme tombe, et s’éteint.

S’en va

Jusqu’à épuisement du sachet de thé, le soleil, dilué, dernier jour, août, l’été, j’en cherche le goût de dragée, homéopathie.

Un lent écoulement, comme une bile, pour digérer le monde, la poésie.

Nuageux

Manteau bleu, ciel, laiteux, virgule argentée de la lune, Madone. Ébauche. Le vent, dissolvant, chasse l’esquisse. Décomposition de la Vierge, un autre tableau, la chaux, l’azur d’une médina.

Je lis, à voix haute, une page, le plaisir de voir le texte se lever, gonfler, comme une voile.

Qui, plus île, que le
Japon mystérieux, l’ange
Au sourire, la pluie