Sur le buisson de
Buis, carrelé de toiles
D’araignée, la brume.
Sur le buisson de
Buis, carrelé de toiles
D’araignée, la brume.
Écrit sur une peau, livre des heures, l’ombre des lettres s’étire, l’été finissant, le crayon rebondit sur le sillon d’une gerçure, le récit se ride, plissé d’une voix, bruine d’une main, d’un visage, sur le grain du papier, sous la peau, circule un sang noir de fumée, des veinules qui s’enroulent, encre caillée d’un motif maori.
Olla brune, je l’ai remplie tout l’été d’eau fraîche, aux pieds de l’arbre ondoyé, une petite fontaine en vase clos.
Lire le braille du pain, les arêtes de la croûte, dure et fine, sont dentelles de Montmirail, aujourd’hui, caparaçon de pangolin du pain contre la pluie.
Rue, et berce du Caucase, la mendiante, qui berce son enfant, n’a pas besoin de frotter ses bras jusqu’au sang, son enfant geint, ivre de rien, ni lait, ni pain.
Lire avec parcimonie, lentement quelques vers, pain de ce jour, jusqu’à l’usure du quignon, jusqu’à la manie, séparer la croûte de la mie, avalé, le plus doux, dans ma paume, une lie de miettes dures, vérité de l’azyme.
Papier pain, s’appeler Montag.
La main saunière, elle balaie le quadrillé de la toile cirée, dans la paume, fleurs de miette.
Rassis, pain d’hier, le texte durci, déjà oublié.
Pain poussière, cendre de chapelure.
Peut-être faut-il laisser faire, les grands désordres, leur ressac sur la terre, engloutir jusqu’au dernier homme.
Nous sommes dinosaures, notre astéroïde, la haine, est déjà tombé.
Le temps bêchera nos os, le laisser jardiner.
Le bassin de décantation, et la journée sédimente, je plonge mes mains en coupe dans ses boues, j’attends.
D’entre mes doigts marron, un filet d’eau, oued amer.
Pixels, kaléidoscope, que voit-elle, comment voit-elle, à la Seurat, ou à la Warhol, la mouche.
De quelle école, celle qui suçote la vitre du salon.
Divinité, brique de verre noire, ère monolithique
Dieu-lare, commun à tous les foyers.
Disposait d’une niche aux dimensions modulables, en fonction de celles de l’écran plat de son ostensoir.
Peut-être sommes-nous, la Terre, une de ces planètes pénitentiaires de science-fiction, une relégation du fin fond de l’univers, où nous tiennent éloignés de prudents aliens, la Terre, comme une infection à contenir, dans un laboratoire de haute sécurité, la solitude est sa camisole d’aliénée.
Tout en haut, si lointaine qu’elle en paraît infime, une gargouille, penchée au-dessus de la balustre.
En bas, à hauteur d’homme, sur le parvis de l’église, une gargouille que nul ne photographie, un peu tassée contre le porche, treizième apôtre, un visiteur glisse une pièce dans sa sébile Starbucks.