ce que vos yeux vairons

Catégorie: écriture

Le haut cahier, page 32

Cocons de soie au bain, chacun se dévidant, l’eau frémissant, la multitude des fils tressant un mince ombilic au-dessus du bouillon, ainsi, me semble-t-il, jour après jour, le soleil me dépouille de ma bourre.

Le haut cahier, page 31

Enfin, il reste la peau, pour toute chain(s)e.
Fine, papier cigarette, papier bible, papier cuisson.
Choisir son enfer, sous le derme, très certaine, la brûlure.

Le haut cahier, page 29

L’été, la geôle.
Le soleil, son maton.
Et je suis fille de Papillon.

Le haut cahier, page 28

Dehors, étréci.
La rue, réduite à une fente, le volet laisse entrer le monde sur la hauteur d’une latte, le soleil dans la cuisine, sur le sol, son mince rectangle.

Le haut cahier, page 27

Un grondement, un insolite guerrier ici, son fracas mécanique qui suspend, battement de cil, celui du torrent, et s’éloigne, on ne s’égare ici qu’un temps.

Le haut cahier, page 26

À toutes les fenêtres de la maison, des barreaux d’ombres, l’empreinte des volets, augmentée, diminuée, le soleil joue, tous les jours, da capo al coda, cruel.

Le haut cahier, page 24

Terre Sahel, celle d’un amour qui s’en va.

Le haut cahier, page 23

Enfleurage, vent sur torrent, sur mes bras, le froid, son absolue.

Le haut cahier, page 22

D’une fenêtre à l’autre, l’air mis en mouvement, un feu stop, le rideau, et le vent se lève, se soulèvent le rideau, mollement, mes bras.

Le haut cahier, page 21

Une pliure, la page, quadrillage du papillon, un Mondrian sur le bureau.