Le haut cahier, page 20
Terre craquelée,
La bouche est une fissure
Raku d’où tout bée.
Terre craquelée,
La bouche est une fissure
Raku d’où tout bée.
Corniche haute, corniche basse, qui tourne sa double hélice autour de la montagne, je serre au plus près le torrent, son sillon, le mien, je laisse au loin le chemin, sa crête de sapins, je choisis l’eau, et je regarde l’autre sentier étirer sa tempe jusqu’aux racines du ciel.
Je gravillonne le long du torrent, qui me donne son la guttural, les petits cailloux falsettent, ting, ting.
Un nuage, lenticulaire, la montagne, couronnée, la forêt, ses flancs verts, m’est mont Fuji.
Le soleil, qui laisse
Mes bras, mes jambes, à la
Lumière de sa cangue.
Je me déplace, porteur et portée, sous le palanquin noir de mon parapluie, les tribulations d’une feuille plissée de polyester dans la forêt, le torrent en espaliers, rizière furieuse après la pluie, et les sommets fument comme un steamer à quai.
Je pense à la crique minuscule, à l’aplomb de l’eau, le grès a fondu en un sable rose, si petite anse, qu’elle pourrait tenir dans la paume de ma main.
Et je pense, Hedda, au vol-mystère.
Sera-ce, entre l’air et moi, doux, le Stampe.
Ou le Klemm.
Le fouet de Max.
La libellule, 4L de cellophane, grisaille-Zao, prieuré de saint-Cosme, machine réduite des frères Wright, sa frêle armature de balsa, Stampinette ici-bas.
Le ciel: la porte, le nuage: le seau, l’orage pose le seau d’eau sur la porte, le vent le pousse. COURIR