ce que vos yeux vairons

Catégorie: écriture

En dernier ressort

Mise en abyme, Géricault peint « Le radeau de la Méduse », mise aux abîmes, la terre est un bateau, tant de capitaines, de vents contraires, pour le démembrement, des fissures qui courent, à l’allure de l’éclair, où, le point de rupture, du chapitre des Pythies, attendre l’oracle, de la survivante, le râle ultime.

« Tout l’univers »

Darder le soleil, le temps de faire naître sous les paupières son négatif, un astre noir, qui papillonne, et se duplique, jusqu’à ce que la brûlure cesse, légère.
Je voudrais voir plus que le soleil, un au-delà de nébuleuses, de voiles, de gaze, gemmologie colorée d’amas globulaires.
Cosmogonie autour de ma chambre, quartz éphémère d’un feu d’artifice.
Du bout des doigts, « La lecture des pierres », de Roger Caillois.

Postes, télégraphes et téléphones

Rouge-bush, tout est latérite, l’air, et le sifflement des rhombes, le temps du rêve, les hautes termitières, je ferme les yeux, un monolithe, du grès-cathédrale, le vent ajoure ses premières colonnettes, la sieste ocre, le désert se forme sous les paupières, National Geographic, loin des chats, des fleurs, poésie des calendriers d’ici, et je les aime aussi, ils font partie de ma mythologie, pan du paysage de mon enfance.
Rêver des petits chats, noter.

Fondation

Bam, de terre effondrée, le désert, plane, court la plaine, buissons en sang, le temps des grenades, qui se fendent, sous le soleil, par les crevures, la pulpe, qui coule, sur le menton des cueilleurs, là-bas, la longue trace verte, forêt de pistachiers, qui serpente, jusque sous les murailles lisses d’une haute termitière, krach des chevaliers.
Non loin de là, le Stylite, la tête dans les nuages.

Les hirondelles

Kjökkenmödding, au sol, noir, et blanc, un parterre, projection des fientes, de bas en haut, Jackson Pollock, les oiseaux.

Où, dehors

Un pain de sucre, qui fond.
Cône vert, une langue de lumière sur un bout de tête des « Mangeurs de pommes de terre ».
Ils sont terreux, leur peau, couleur de tubercule.
Tout est muraille, et semble sorti d’un boyau de l’hiver, la cuisine, semblable à ces mines, les hommes, là, comme chez moi, cavernicoles.

Walking on the moon

Jpeg

-Ose

Un muscle atone, le voilà, mon système racinaire.
Qui ne trouve, ni la faille, ni le courage de plonger loin.
En surface, une corolle qui s’étend, et je ne tiens pas droit, le vent.
Ce que je rumine, un bout de lande acide, un tartre de loess entre les dents, un reste gras, maintenant, je tire ma substance de la tourbe, labours d’une terre épuisée, on en voit les côtes, des sillons, à peine une éraflure, la terre s’en moque, je cingle le dos de ma horse, la faim d’autre chose, il me pousse une badine entre les doigts.

Miniature

Rogner.
Ôter ce qui geint de l’exotique, plonger dans le noir l’arrière-plan, une lumière petite, du suif, une lampe à huile, pourvu que l’on aperçoive les lèvres, la main, qui se tendent, le roseau d’une flûte, les contreforts d’une montagne, à ses pieds, dans la vallée, contre un peuplier, peut-être, joueur de doudouk, passer outre, le répons d’un luth pi’pa.

« Il n’y a rien à faire »

Comme toutes ces choses en -ose, chlorose, mononucléose, baiser mal reçu, une fleur, langueur, le lendemain.