ce que vos yeux vairons

Catégorie: écriture

Miscible

Du papier bulle effervescent, 0ooo, pour soutenir ce qui coule, 0ooo, le parpaing des mots, la fonte de l’encre au fond de l’eaooo.

« Gaspard de la Nuit »

Le billot, albédo zéro, est noir.
Sans reflet, une nuit, une chambre, volets fermés.
Un noir, dont ne revient pas la lumière, le visage d’un mineur, qui dort, le blanc des yeux, tournés vers l’intérieur.

Désorientation

Elle est eau, elle est pierre, une goutte de calcaire, un rouage, une ouvrière, une heure, une année, erratiques, le temps, sans mesure, il pleut, il sèche, la stalactite pousse sa racine, une longue termitière dont la reine est l’obscurité.

En une fraction de seconde

Une poignée de sable, j’écarte les doigts, chutes du Niagara.

Photo d’identité

Le fauteuil est de dos.
Le billot aussi.
Une couronne de bois dépasse du cadre, sa nuque, la télévision.
Je le regarde, qui regarde les informations.
Et si, comme un enfant, à genoux sur la banquette, tourné vers la lunette arrière d’une auto, il me regardait, comme un paysage qui s’éloigne.
Où sont tes yeux.

Reddition

Les murs, ma peau, arides, et la poussière, qui s’insinue, même la nuit, même sous les paupières, les fenêtres, grand’ouvertes, comme des bras grand’ouverts déposant les armes, la chaleur.

Fahrendes Volk

Le sommet pointu de ces langues de granit, Kusturica, Kaurismäki, Eicher, wie Schwizerdütsch, Guggisberglied

Alep

Je froisse des feuilles de laurier, loin, un savonnier.

Premier lé

Je m’assois au bord.
J’attends.
A ma droite, entrant dans le cadre de l’étang, un pinceau, un grèbe huppé, son zigzagzao.

Mitose

La marge sombre du jour, un reste de nuit blanche, deux aimants qui se repoussent.