Miscible
Du papier bulle effervescent, 0ooo, pour soutenir ce qui coule, 0ooo, le parpaing des mots, la fonte de l’encre au fond de l’eaooo.
Du papier bulle effervescent, 0ooo, pour soutenir ce qui coule, 0ooo, le parpaing des mots, la fonte de l’encre au fond de l’eaooo.
Le billot, albédo zéro, est noir.
Sans reflet, une nuit, une chambre, volets fermés.
Un noir, dont ne revient pas la lumière, le visage d’un mineur, qui dort, le blanc des yeux, tournés vers l’intérieur.
Elle est eau, elle est pierre, une goutte de calcaire, un rouage, une ouvrière, une heure, une année, erratiques, le temps, sans mesure, il pleut, il sèche, la stalactite pousse sa racine, une longue termitière dont la reine est l’obscurité.
Une poignée de sable, j’écarte les doigts, chutes du Niagara.
Le fauteuil est de dos.
Le billot aussi.
Une couronne de bois dépasse du cadre, sa nuque, la télévision.
Je le regarde, qui regarde les informations.
Et si, comme un enfant, à genoux sur la banquette, tourné vers la lunette arrière d’une auto, il me regardait, comme un paysage qui s’éloigne.
Où sont tes yeux.
Les murs, ma peau, arides, et la poussière, qui s’insinue, même la nuit, même sous les paupières, les fenêtres, grand’ouvertes, comme des bras grand’ouverts déposant les armes, la chaleur.
Le sommet pointu de ces langues de granit, Kusturica, Kaurismäki, Eicher, wie Schwizerdütsch, Guggisberglied
Je froisse des feuilles de laurier, loin, un savonnier.
Je m’assois au bord.
J’attends.
A ma droite, entrant dans le cadre de l’étang, un pinceau, un grèbe huppé, son zigzagzao.
La marge sombre du jour, un reste de nuit blanche, deux aimants qui se repoussent.