ce que vos yeux vairons

Catégorie: écriture

Forêt primaire

Couper le son, pour ne plus avoir peur des films d’horreur. Le requin se fait dauphin. Je ne veux pas dompter mon requin intérieur, qu’adviendrait-il de ma petite voix, aussi lisse et douce qu’un galuchat. Remonter le son. Graduellement.

« Tous les matins du monde », fissure

Jpeg

Jpeg

« Tous les matins du monde », tout doit disparaître

Jpeg

Jpeg

Francfort, un dimanche

La fraise raide, le gâteau en minerve, écailles effilées, la charpente grillée des amandes.

« Le chat »

Le bouton de manchette.
Deux petites plaquettes de quelque chose, de l’or, de l’argent. Reliées par un fil. Une chaînette.
Voyez le poignet, maintenant.
Elles sont là, dos à dos.
Intimement.
Et jamais ne se regardent.

« Tous les matins du monde », Lichtlos

Jpeg

Donnerwetter

Aujourd’hui, gris, le ciel, le soleil, une tache d’huile, un rond gras, une macule sur du coton hydrophile, un nuage, sale de pluie, l’hiver a ses orages, aussi.

Baisser les yeux

La nuit, ce qu’elle a de noir, entre les trouées orangées des lampadaires, ce qu’elle révèle des maisons, lumière aux fenêtres, la rue est une longue pinacothèque, là derrière les rideaux, une nature morte, une table en désordre, un empilement d’assiettes, des épluchures, le halo d’un téléviseur, et ma gêne, l’effraction de mon regard.

N’est-ce pas

Il a plu, cette nuit, et je n’ai rien entendu, le bitume a brillé, sûrement, dans le petit cône de lumière du réverbère, il est tard, je n’ai rien vu, mais il est encore temps, n’est-ce pas, sur la platine, le premier grincement, comme une plume qui grifferait une feuille de papier, le café coule, une cigarette, le café coule, la musique de Philippe Sarde.

Instant t

Le jour, la nuit, leur balancier, scansion du calendrier, le temps qui passe, si j’étais Robinson, sans autre oignon dans mon gousset que celui d’une fleur de bégonia, avec du soleil, la branche d’un gnomon, quand vieillir, si le temps ne compte pas, qui pour me dire ce que je ne vois pas, pour lire entre les rides, de mon île, nul ne fuit, le temps est mon Vendredi. Nothing else matters.